Le Vietnam s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations touristiques les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Après avoir traversé des périodes difficiles liées à la pandémie de COVID-19, le pays du dragon connaît une renaissance spectaculaire de son secteur touristique. En 2025, le Vietnam a établi un nouveau record historique en accueillant plus de 21,2 millions de visiteurs internationaux, dépassant ainsi de 20,4% les chiffres de l’année précédente. Cette performance exceptionnelle témoigne de l’attractivité croissante du territoire vietnamien, qui combine habilement richesse culturelle, diversité géographique et modernisation de ses infrastructures d’accueil. L’assouplissement des procédures de visa électronique et l’exemption de visa pour de nombreux pays européens ont considérablement facilité l’accès au territoire, contribuant à cette croissance remarquable.

Flux touristiques internationaux vers le vietnam : analyse statistique 2019-2024

Évolution des arrivées internationales pré et post-COVID

L’analyse comparative des flux touristiques révèle l’ampleur de la transformation du secteur. En 2019, considérée comme l’année d’or du tourisme vietnamien, le pays avait accueilli 18,008 millions de visiteurs internationaux. Cette performance constituait alors un record absolu pour l’industrie touristique nationale. La pandémie de COVID-19 a brutalement interrompu cette dynamique positive, entraînant une chute drastique des arrivées internationales pendant près de trois années consécutives.

La reprise s’est amorcée progressivement en 2022, mais c’est véritablement en 2024 que le secteur a retrouvé son élan. Avec 17,583 millions de touristes internationaux accueillis en 2024, le Vietnam s’approchait déjà des niveaux pré-pandémie. Cette performance confirmait le rétablissement quasi-complet du secteur après les turbulences sanitaires mondiales.

Le premier trimestre 2025 a marqué un tournant décisif avec l’accueil de plus de 6 millions de visiteurs internationaux, établissant un nouveau record trimestriel. Cette croissance de 29,6% par rapport à la même période en 2024 illustre parfaitement la capacité de résilience et d’adaptation de l’industrie touristique vietnamienne. Les politiques gouvernementales favorables, notamment l’exemption de visa pour de nombreux pays, ont joué un rôle déterminant dans cette reprise spectaculaire.

Répartition géographique des visiteurs par continent et pays émetteurs

La géographie des flux touristiques vers le Vietnam révèle une concentration significative sur les marchés asiatiques. L’Asie représente près de 80% du total des arrivées internationales, confirmant l’importance des relations régionales dans le développement touristique du pays. Cette prédominance s’explique par la proximité géographique, les liens culturels historiques et la facilité d’accès par voie terrestre ou maritime.

La Chine continentale s’impose comme le premier marché émetteur avec 575,000 visiteurs en janvier 2025, représentant 27,7% du total des arrivées. Cette domination chinoise s’explique par la levée progressive des restrictions sanitaires et la reprise des vols directs entre les deux pays. La Corée du Sud occupe solidement la deuxième position avec 417,000 arrivées, soit 20,1% du total, témoignant de l’attrait constant du Vietnam pour les visiteurs coréens.

Les marchés européens affichent une croissance particulièrement dynamique, notamment gr

Les marchés européens affichent une croissance particulièrement dynamique, notamment grâce à la politique d’exemption unilatérale de visa jusqu’à 45 jours, en vigueur depuis août 2023. En 2024, le Vietnam a accueilli près de 2 millions de visiteurs européens, avec des hausses notables en provenance du Royaume-Uni (+20,8%), de la France (+29,4%) et de l’Allemagne (+24,5%). D’autres marchés comme l’Italie (+55,8%), l’Espagne (+20,1%) ou encore la Russie (+84,9%) ont également enregistré des progressions spectaculaires, confirmant l’attrait du pays sur le long courrier. Cette dynamique se poursuit en 2025 : au premier trimestre, la plupart des marchés européens affichent encore des croissances à deux chiffres, notamment la France (+28,3%) et l’Italie (+29,0%).

En Amérique, les États-Unis se positionnent comme le premier marché émetteur vers le Vietnam, avec environ 93.000 arrivées rien qu’en janvier 2025. L’Australie, quant à elle, constitue l’un des principaux marchés de l’Océanie, avec une croissance de plus de 11% au premier trimestre 2025. Si ces marchés restent moins volumineux que ceux d’Asie du Nord-Est, ils jouent un rôle clé en termes de recettes touristiques en devises, du fait d’un budget moyen plus élevé par séjour. Enfin, les marchés émergents comme l’Inde ou certaines économies d’Asie du Sud-Est (Philippines, Indonésie, Laos, Cambodge) affichent des rythmes de croissance particulièrement rapides, laissant entrevoir un potentiel encore largement sous-exploité pour le tourisme au Vietnam.

Saisonnalité touristique et pics de fréquentation mensuelle

La saisonnalité du tourisme au Vietnam est marquée par plusieurs pics de fréquentation, liés à la fois aux conditions climatiques locales et aux calendriers de vacances des pays émetteurs. Pour le marché français, par exemple, les données de 2024 montrent deux périodes particulièrement favorables : de février à avril, puis d’août à novembre. Les mois de mars (31.396 visiteurs), avril (30.587) et novembre (33.027) se distinguent comme des pics d’arrivées, profitant d’un climat agréable et d’une meilleure répartition des congés scolaires.

À l’échelle globale, les fêtes du Têt Nguyên Dán (Nouvel An lunaire) constituent un moment clé du calendrier touristique vietnamien. En 2025, le pays a accueilli 12,5 millions de visiteurs – nationaux et internationaux – durant les seules vacances du Têt, avec des destinations comme Phu Quoc, Nha Trang, Da Nang ou Môc Châu littéralement prises d’assaut. Le premier trimestre concentre ainsi une part importante des arrivées annuelles, comme en témoigne le record de plus de 6 millions de visiteurs internationaux entre janvier et mars 2025. À l’inverse, certains mois de basse saison, notamment juin et septembre pour le marché français, enregistrent des volumes plus modestes, laissant la place à un tourisme plus confidentiel et souvent meilleur marché pour les voyageurs.

Pourquoi cette connaissance de la saisonnalité est-elle importante ? Parce qu’elle permet aux professionnels du tourisme de lisser la demande, d’ajuster les capacités d’hébergement et de mieux cibler leurs campagnes de promotion. Pour vous, en tant que voyageur, comprendre ces cycles signifie aussi pouvoir éviter les périodes de surfréquentation, bénéficier de tarifs plus attractifs et découvrir les sites emblématiques dans de meilleures conditions. À l’image d’une marée qui monte et descend, le flux touristique au Vietnam obéit à des rythmes précis qu’il est utile d’anticiper pour optimiser son séjour.

Durée moyenne de séjour par nationalité de visiteurs

La durée moyenne de séjour constitue un indicateur clé pour évaluer la valeur économique d’un marché touristique. Les visiteurs européens – et en particulier les Français – ont tendance à rester plus longtemps que les touristes asiatiques, profitant de leur long voyage pour explorer plusieurs régions du pays. En 2019, la dépense moyenne d’un touriste français au Vietnam s’élevait à 1.210 USD par séjour, pour une dépense quotidienne d’environ 104 USD, ce qui suggère des séjours souvent compris entre 10 et 14 jours. Cette tendance se confirme dans la pratique des voyagistes, qui proposent fréquemment des circuits de 12 à 18 jours pour le marché francophone.

À l’inverse, les visiteurs en provenance de marchés proches comme la Chine, la Corée du Sud ou le Japon optent davantage pour des séjours plus courts, de type 4 à 7 nuits, centrés sur une ou deux grandes destinations (Hanoi – Ha Long, Da Nang – Hoi An, Ho Chi Minh-Ville – Phu Quoc, etc.). Cette différence de comportement est comparable à celle que l’on observe entre un « city-break » de quelques jours en Europe et un grand voyage intercontinental : plus la distance est grande, plus la durée moyenne de séjour augmente. Pour le Vietnam, l’enjeu stratégique est donc double : augmenter la durée de séjour des visiteurs régionaux et maintenir, voire prolonger, celle des marchés long-courriers à fort pouvoir d’achat.

Les données internes de certains tour-opérateurs comme Vietnam Insolite montrent par ailleurs que les visiteurs français de 50 à 69 ans – qui représentent près de 37% de leur clientèle – privilégient des itinéraires de découverte en profondeur, combinant Nord, Centre et Sud du pays. Ces circuits, incluant souvent des étapes dans la baie d’Ha Long, à Ha Giang, Hue, Hoi An ou dans le delta du Mékong, favorisent des séjours de deux semaines ou plus. À l’opposé, les courts séjours de 5 à 7 jours sont davantage choisis par les voyageurs d’Asie du Nord-Est ou du Sud-Est, qui reviennent parfois plusieurs fois dans l’année. Cette diversité de comportements oblige les acteurs du tourisme au Vietnam à segmenter finement leur offre, en proposant à la fois des « escapades » régionales et de grands voyages itinérants.

Performance économique du secteur touristique vietnamien

Contribution du tourisme au PIB national et régional

Le tourisme s’affirme comme un pilier stratégique de l’économie vietnamienne. Selon les objectifs fixés pour 2025, le secteur devrait générer entre 980 et 1.050 milliards de dôngs de chiffre d’affaires, soit l’équivalent d’environ 38 à 41 milliards de dollars. Cette performance placerait le tourisme parmi les principaux contributeurs au PIB national, aux côtés de l’industrie manufacturière et de l’agriculture. À l’échelle du pays, cette contribution directe et indirecte représente plusieurs points de PIB, confirmant le positionnement du tourisme comme secteur économique de pointe.

Au niveau régional, certaines provinces tirent une part significative de leurs revenus du tourisme international et domestique. La province de Khanh Hoà (Nha Trang) a ainsi enregistré en janvier 2025 plus de 5.582 milliards de dôngs de recettes touristiques, en hausse de 82% par rapport à l’année précédente. De son côté, Ninh Binh – connue pour ses paysages karstiques – a généré plus de 1.020 milliards de dôngs de recettes touristiques sur le seul mois de janvier 2025. Ces chiffres illustrent la manière dont le tourisme irrigue l’économie locale, soutenant les recettes fiscales, l’emploi et l’investissement dans les infrastructures.

On peut comparer cette contribution à celle d’un « moteur multidimensionnel » : au-delà des grandes villes comme Hanoi ou Ho Chi Minh-Ville, le tourisme dynamise aussi des zones rurales et montagneuses qui, sans cette activité, resteraient beaucoup plus fragiles économiquement. Les circuits dans le Nord montagneux (Ha Giang, Cao Bang, Sapa) ou dans le delta du Mékong permettent par exemple la création de revenus complémentaires pour les populations locales via l’hébergement chez l’habitant, la restauration ou l’artisanat. Ainsi, chaque voyage au Vietnam ne se limite pas à une expérience personnelle : il participe aussi à l’équilibre économique de territoires parfois isolés.

Recettes touristiques en devises étrangères par année

Les recettes touristiques en devises étrangères constituent un autre indicateur majeur de la performance du secteur. Après l’effondrement lié à la pandémie, ces recettes ont connu une remontée spectaculaire à partir de 2022, en parallèle de la réouverture progressive des frontières. En 2024, avec près de 17,6 millions de visiteurs internationaux, les recettes en devises ont quasiment retrouvé leur niveau de 2019. En 2025, le premier trimestre a déjà généré 21,5 mille milliards de dôngs de recettes touristiques, en hausse de 18,3% par rapport à la même période en 2024, ce qui laisse entrevoir une nouvelle année record.

Cette entrée de devises est d’autant plus importante qu’elle contribue à l’équilibre de la balance des paiements du Vietnam, tout en soutenant l’investissement privé et public dans les infrastructures touristiques. Les grands marchés long-courriers – Europe, Amérique du Nord, Australie – jouent un rôle disproportionné dans ces recettes, du fait d’une dépense moyenne par séjour plus élevée. La clientèle française, par exemple, avec 278.943 visiteurs en 2024, représente environ 14% du total des visiteurs européens mais une part significative des recettes touristiques européennes, compte tenu de sa propension à consommer des circuits complets et des services guidés.

À mesure que le Vietnam renforce sa promotion internationale et améliore ses politiques de visa, la diversification des marchés en devises fortes devient un objectif prioritaire. L’augmentation de la connectivité aérienne avec l’Europe, l’Amérique du Nord ou encore l’Australie joue un rôle déterminant dans cette stratégie. À terme, la montée en gamme d’une partie de l’offre touristique – hôtels de luxe, expériences premium, croisières haut de gamme dans la baie d’Ha Long ou autour de Phu Quoc – devrait favoriser encore davantage la croissance des recettes en devises, même si les volumes de visiteurs progressent à un rythme plus modéré.

Dépenses moyennes par touriste selon les segments de marché

Les dépenses moyennes par touriste varient fortement selon les segments de marché, la nationalité et le type de séjour. En 2019, un touriste français dépensait en moyenne 1.210 USD par séjour, soit une dépense journalière de 104 USD, incluant hébergement, restauration, transports internes, activités et achats divers. À titre de comparaison, certains marchés asiatiques de proximité présentent souvent des dépenses quotidiennes légèrement inférieures, compensées en partie par des volumes beaucoup plus importants. Cette différence tient autant au pouvoir d’achat qu’à la structure du voyage : les circuits longs et guidés engendrent mécaniquement une dépense plus élevée que les courts séjours autonomes.

On distingue généralement plusieurs grands segments : le tourisme culturel et de découverte (circuits Nord – Centre – Sud), le tourisme balnéaire (Phu Quoc, Nha Trang, Da Nang, Quy Nhon), le tourisme d’aventure (Ha Giang, Sapa, Cao Bang), le tourisme MICE (réunions, congrès, incentives) et le tourisme de bien-être. Les visiteurs MICE, par exemple, présentent souvent un panier moyen supérieur, en raison des standards d’hébergement plus élevés et des prestations annexes (salles de conférence, événements, restauration d’entreprise). À Ho Chi Minh-Ville, l’accueil de groupes MICE indiens de plus de 200 personnes illustre justement ce positionnement à forte valeur ajoutée.

Pour les professionnels, l’enjeu est de maximiser la dépense moyenne sans dégrader l’expérience client. Comment y parvenir ? En développant des offres complémentaires de qualité (excursions thématiques, expériences culinaires, ateliers culturels), en favorisant l’extension de séjour et en améliorant la distribution de produits touristiques vers les marchés à fort pouvoir d’achat. Du point de vue du voyageur, comprendre ces différences de segments permet aussi d’optimiser son budget de voyage au Vietnam, en arbitrant entre confort, durée du séjour et type d’activités choisies.

Impact économique indirect sur les secteurs connexes

L’impact économique du tourisme dépasse largement le seul chiffre d’affaires des hôtels et agences de voyage. Il se diffuse dans un large éventail de secteurs connexes : transport aérien et terrestre, restauration, agriculture, pêche, construction, artisanat, technologies de l’information, services financiers, etc. Chaque visiteur étranger qui séjourne au Vietnam consomme des produits locaux, utilise des services de transport, achète des souvenirs, mobilise des ressources en énergie et en eau, générant ainsi une chaîne de valeur complexe. À l’image d’un « effet domino », la dépense initiale du touriste entraîne une série de retombées économiques et sociales dans les territoires visités.

Les investissements dans les infrastructures touristiques – routes, aéroports, ports, réseaux de communication – bénéficient également à l’ensemble de la population locale. L’amélioration de l’aéroport de Phu Quoc ou l’ouverture de l’aéroport international de Long Thanh, prévue pour 2026, ne profitent pas seulement aux touristes internationaux : elles facilitent aussi les déplacements internes, stimulent les échanges commerciaux et renforcent l’attractivité des régions concernées pour les investisseurs. De même, le développement de l’hôtellerie et de la restauration contribue à structurer des filières d’approvisionnement en produits frais, soutenant l’agriculture et la pêche locales.

Enfin, l’essor du tourisme au Vietnam stimule des secteurs plus récents comme les technologies numériques, le marketing digital ou la gestion des données. L’adoption de nouvelles technologies dans la gestion des voyages, du transport et de l’hôtellerie – système de réservation en ligne, applications mobiles, outils de gestion de la relation client – permet d’optimiser les coûts, d’améliorer la qualité de service et de mieux analyser le comportement des visiteurs. Pour le Vietnam, le tourisme devient ainsi un véritable laboratoire d’innovation économique, dont les avancées peuvent ensuite être adaptées à d’autres secteurs.

Infrastructure hôtelière et capacité d’hébergement au vietnam

L’essor du tourisme vietnamien s’appuie sur un développement rapide et soutenu de l’infrastructure hôtelière. Le pays dispose aujourd’hui d’environ 780.000 chambres d’hôtel, un chiffre qui dépasse celui de la Thaïlande – pourtant considérée comme une référence régionale – estimé à 704.000 chambres. Cette capacité d’hébergement en forte croissance permet au Vietnam d’accueillir un volume croissant de visiteurs internationaux et domestiques, tout en maintenant une certaine compétitivité sur les prix. On estime par exemple que le coût moyen d’une chambre d’hôtel au Vietnam reste environ 20% inférieur à celui pratiqué en Thaïlande.

La province de Khanh Hoà illustre particulièrement cette montée en puissance de l’hôtellerie. Elle dispose à elle seule de plus de 66.000 chambres d’hôtel, permettant d’accueillir entre 120.000 et 150.000 touristes par jour. Cette capacité soutient l’organisation d’événements majeurs comme le Festival maritime de Nha Trang – Khanh Hoà, annoncé pour juin 2026, mais aussi l’accueil de croisières internationales et de flux touristiques importants pendant les périodes de pointe. De même, Phu Quoc a vu son parc hôtelier exploser en quelques années, passant d’un village de pêcheurs à une destination balnéaire de rang mondial, dotée de resorts de luxe, de parcs à thème et d’infrastructures de loisirs modernes.

Cette montée en gamme ne se limite pas au balnéaire. Dans les grandes villes comme Hanoi ou Ho Chi Minh-Ville, l’offre s’étend du petit hôtel de charme au gratte-ciel 5 étoiles, en passant par les appart’hôtels et les hébergements de moyenne gamme. Dans les régions rurales et montagneuses, les hébergements chez l’habitant et les écolodges se multiplient, offrant des expériences plus authentiques et immersives. Pour vous, en tant que voyageur, cette diversité signifie que vous pouvez composer un séjour sur-mesure, en alternant nuits en hôtel de luxe, séjours chez l’habitant et resorts balnéaires, tout en maîtrisant votre budget.

Destinations phares et répartition géographique des visiteurs

Fréquentation touristique de ho chi Minh-Ville et saigon

Ho Chi Minh-Ville, encore souvent appelée Saigon, est l’une des principales portes d’entrée du pays et un hub majeur pour le tourisme au Vietnam. En 2024, la métropole du Sud a accueilli plus de 4,6 millions de visiteurs internationaux au cours des dix premiers mois de l’année, soit une hausse de 13% par rapport à 2023. Cette concentration de flux s’explique par son rôle de centre économique, par la densité de son réseau aérien international et par son offre touristique très diversifiée : patrimoine historique, gastronomie, nightlife, musées, shopping, mais aussi excursions vers le delta du Mékong.

Ho Chi Minh-Ville joue également un rôle clé dans le segment du tourisme d’affaires et du tourisme MICE. L’organisation de conférences, de salons professionnels et d’incentives y est facilitée par un parc hôtelier de haut niveau, des centres de congrès modernes et une logistique de transport efficace. L’accueil de groupes MICE en provenance d’Inde ou d’autres pays asiatiques en est une illustration concrète. Pour de nombreux voyageurs, la ville constitue le point de départ ou de fin de leur itinéraire, avant de se diriger vers les plages du Sud (Phu Quoc, Vung Tau, Con Dao) ou vers le delta du Mékong, avec ses marchés flottants et ses circuits fluviaux.

Attractivité de hanoi et du delta du fleuve rouge

Capitale politique et culturelle, Hanoi se positionne comme l’autre grande porte d’entrée du Vietnam. Entre janvier et octobre 2024, la ville a accueilli environ 4,95 millions de visiteurs internationaux, en hausse de 36% par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant près de 99% de son objectif annuel. Cette performance confirme le rôle central de Hanoi dans l’imaginaire touristique : vieille ville animée, lacs paisibles, pagodes, musées, scènes artistiques et culinaires foisonnantes attirent aussi bien les visiteurs asiatiques qu’européens.

Le delta du fleuve Rouge, dont Hanoi est le cœur, bénéficie également de cette dynamique. Des provinces comme Ninh Binh, souvent surnommée la « baie d’Ha Long terrestre », ont vu leur fréquentation exploser. En janvier 2025, Ninh Binh a accueilli plus de 917.000 visiteurs, dont plus de 115.000 étrangers, générant plus de 1.020 milliards de dôngs de recettes. Les paysages karstiques, les grottes, les rizières et les temples de la région constituent un complément idéal à la découverte urbaine de Hanoi, permettant aux voyageurs de combiner culture, nature et immersion rurale en quelques jours.

Performance touristique de la baie d’halong et quang ninh

La baie d’Ha Long et la province de Quang Ninh figurent parmi les destinations emblématiques du Vietnam, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elles attirent chaque année des millions de visiteurs, tant domestiques qu’internationaux, fascinés par les milliers de pains de sucre karstiques émergeant de la mer. La province de Quang Ninh a fortement investi dans ses infrastructures : ports de croisière modernes, routes d’accès, hébergements de tous niveaux, sans oublier l’aéroport de Van Don qui renforce la connectivité aérienne internationale et domestique.

Le modèle touristique de Quang Ninh repose sur une combinaison de croisières en baie, de visites culturelles (pagodes, musées, villages de pêcheurs) et de loisirs modernes (parcs d’attractions, complexes de divertissement). Cette diversification permet de prolonger la durée moyenne de séjour et d’augmenter la dépense par visiteur. La destination attire en particulier les marchés asiatiques (Chine, Corée, Japon, Taïwan), souvent via des circuits combinant Hanoi, Ha Long et des extensions vers le Nord-Est ou le Nord-Ouest montagneux. Pour les voyageurs européens, la baie d’Ha Long reste l’un des « incontournables » de tout circuit de découverte du Vietnam.

Développement touristique de hoi an et da nang

Au Centre du pays, le duo Da Nang – Hoi An s’est imposé comme un pôle touristique majeur, alliant patrimoine et balnéaire. Da Nang, avec son aéroport international, ses plages de sable fin et ses infrastructures hôtelières modernes, sert de porte d’entrée pour la région. Hoi An, ancienne cité marchande classée à l’UNESCO, séduit par ses ruelles illuminées de lanternes, ses maisons anciennes, ses marchés et son ambiance romantique. Ensemble, ces deux destinations attirent un volume important de visiteurs asiatiques et occidentaux, séduits par la combinaison culture, mer et détente.

La région bénéficie également de la proximité d’autres sites majeurs comme l’ancienne capitale impériale de Hue ou le parc national de Phong Nha – Ke Bang, célèbre pour ses grottes spectaculaires. Cette concentration d’attractivités permet de construire des itinéraires variés sur une durée de 5 à 10 jours, en associant visites culturelles, activités de plein air et farniente en bord de mer. Pour le Vietnam, le Centre représente donc un levier stratégique pour diversifier l’offre touristique au-delà des pôles de Hanoi/Ha Long et Ho Chi Minh-Ville/Delta du Mékong.

Émergence de phu quoc et des destinations balnéaires du sud

Phu Quoc est sans doute l’exemple le plus frappant de la montée en puissance des destinations balnéaires du Vietnam. L’île a accueilli environ 8,1 millions de touristes en 2025, dont 1,8 million d’étrangers, et les prévisions tablent sur 8,5 millions dès 2026. Surnommée le « nouveau joyau » du tourisme mondial, Phu Quoc a su combiner le développement rapide de ses infrastructures (resorts de luxe, parcs d’attractions, centres commerciaux, aéroport en expansion) avec la préservation d’une partie de sa nature luxuriante et de sa biodiversité marine.

Cette émergence s’inscrit dans un mouvement plus large de développement des destinations balnéaires du Sud : Nha Trang, Quy Nhon, Vung Tau, Con Dao ou encore Mui Ne. Ces stations attirent particulièrement les familles et les voyageurs en quête de repos, notamment en provenance de France, d’Europe et d’Asie du Nord-Est. Les liaisons aériennes directes depuis plusieurs grandes villes asiatiques vers Phu Quoc et Nha Trang, ainsi que le développement de compagnies low-cost vietnamiennes, renforcent cette attractivité. Pour vous, ces destinations offrent une alternative intéressante aux plages plus connues de Thaïlande, avec des tarifs souvent plus accessibles et une fréquentation encore relativement modérée sur certaines périodes.

Emploi touristique et ressources humaines sectorielles

Le tourisme au Vietnam est un important pourvoyeur d’emplois. Les objectifs fixés pour 2025 prévoient la création d’environ 5,5 millions d’emplois liés au tourisme, dont 1,8 million d’emplois directs. Cela inclut les métiers de l’hôtellerie, de la restauration, des agences de voyage, des transports, de la culture et du divertissement. En pratique, l’impact va bien au-delà, car chaque emploi direct génère des emplois indirects dans l’agriculture, l’artisanat, la construction, les services et les technologies. Le secteur apparaît ainsi comme un vecteur essentiel de réduction de la pauvreté, notamment dans les régions rurales et montagneuses.

La montée en puissance du tourisme pose toutefois des défis importants en matière de formation et de qualité de service. Comment garantir un accueil professionnel et multilingue dans tous les segments de l’offre, des hôtels 5 étoiles aux homestays de village ? Les autorités vietnamiennes et les entreprises privées investissent de plus en plus dans la formation des ressources humaines : écoles hôtelières, programmes de certification, formations aux langues étrangères (anglais, français, coréen, mandarin), mais aussi à la gestion, au marketing digital et au développement durable. L’objectif est de doter le pays d’une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux exigences croissantes d’une clientèle internationale diversifiée.

À long terme, l’enjeu est aussi de rendre les carrières touristiques attractives pour les jeunes générations vietnamiennes. Cela passe par de meilleures conditions de travail, des perspectives d’évolution de carrière et une reconnaissance accrue du professionnalisme des métiers de service. À l’heure où le Vietnam ambitionne de consolider sa place sur la carte du tourisme mondial, la qualité de ses ressources humaines sera au moins aussi déterminante que la beauté de ses paysages ou la richesse de son patrimoine.

Stratégie gouvernementale et projections touristiques vietnam 2030

Le gouvernement vietnamien a clairement identifié le tourisme comme un secteur économique stratégique à l’horizon 2030. Pour 2025, l’objectif officiel est d’accueillir entre 22 et 23 millions de touristes internationaux, de servir 120 à 130 millions de touristes domestiques et de générer un chiffre d’affaires global compris entre 980 et 1.050 milliards de dôngs. À plus long terme, les projections pour 2030 envisagent une poursuite de cette croissance, avec une intégration encore plus forte du Vietnam dans les grands flux touristiques mondiaux, tout en cherchant à renforcer la qualité et la durabilité du développement.

La stratégie gouvernementale repose sur plusieurs piliers : assouplissement et numérisation des procédures de visa (déploiement massif du visa électronique, extension des exemptions pour certains pays), diversification des marchés émetteurs, modernisation des infrastructures (aéroports, routes, ports, réseaux numériques) et développement de produits touristiques innovants. Le pays mise notamment sur le tourisme culturel, le tourisme vert, le tourisme communautaire, le bien-être, le golf, le tourisme MICE et les croisières pour se différencier dans une région très concurrentielle. L’ouverture de 41 nouveaux postes frontaliers internationaux acceptant les e-visas, portant le total à 83, illustre cette volonté de simplification et d’ouverture.

Parallèlement, le Vietnam cherche à renforcer la durabilité de son développement touristique. Comment accueillir plus de 20 millions de visiteurs internationaux par an sans dégrader les écosystèmes fragiles – rizières en terrasses, baies karstiques, récifs coralliens, forêts tropicales ? La réponse passe par une meilleure planification territoriale, des normes environnementales plus strictes, la promotion d’un tourisme responsable et le soutien aux initiatives locales de préservation. Pour vous qui envisagez de voyager au Vietnam dans les prochaines années, ces orientations signifient que vous trouverez une offre touristique toujours plus diversifiée et professionnelle, avec une attention croissante portée à l’authenticité et à la protection de l’environnement.

En définitive, les chiffres du tourisme au Vietnam ne sont pas qu’une succession de statistiques : ils racontent l’histoire d’un pays en pleine transformation, qui capitalise sur son patrimoine naturel et culturel pour bâtir un modèle de développement ouvert sur le monde. Que vous soyez professionnel du secteur ou simple voyageur curieux, comprendre ces tendances vous permet de mieux appréhender les opportunités, les enjeux et l’avenir du tourisme vietnamien à l’horizon 2030.