Le Vietnam se dévoile comme une destination captivante qui séduit chaque année des millions de voyageurs en quête d’authenticité. Entre paysages karstiques époustouflants, patrimoine culturel millénaire et gastronomie raffinée, ce pays d’Asie du Sud-Est offre une diversité remarquable sur un territoire étonnamment compact. Un séjour de trois semaines permet véritablement d’appréhender la richesse culturelle vietnamienne, en traversant les contrastes saisissants du Nord montagneux au Sud tropical. Cette durée constitue le compromis idéal pour explorer les sites incontournables sans subir la fatigue des circuits express, tout en s’immergeant dans les traditions locales et en rencontrant les différentes ethnies qui composent ce pays aux 54 groupes ethniques reconnus. Les infrastructures touristiques bien développées facilitent grandement les déplacements entre les différentes régions, rendant accessible même aux voyageurs indépendants cette aventure extraordinaire au cœur de l’ancienne Indochine.
Itinéraire optimisé du nord au sud : de hanoï au delta du mékong
L’organisation d’un circuit de vingt jours requiert une planification minutieuse pour maximiser les découvertes tout en préservant un rythme de voyage agréable. La logique géographique nord-sud s’impose naturellement, permettant de découvrir progressivement les variations climatiques et culturelles du pays. Cette approche méthodique évite les allers-retours inutiles et optimise les temps de transport, offrant ainsi davantage d’occasions d’exploration authentique. Les distances entre les principales destinations varient considérablement, nécessitant parfois des vols intérieurs pour gagner du temps précieux, notamment entre Hanoi et Hué ou entre Hoi An et Ho Chi Minh-Ville. La combinaison judicieuse de transports ferroviaires nocturnes, de vols domestiques et de trajets routiers panoramiques transforme chaque déplacement en expérience enrichissante.
Hanoï et les vestiges du vieux quartier des 36 corporations
La capitale millénaire constitue le point de départ idéal pour appréhender l’histoire vietnamienne. Fondée en 1010 par le roi Ly Thai To, Hanoï conserve remarquablement son caractère historique malgré une modernisation galopante. Le vieux quartier des 36 corporations représente un témoignage vivant de l’organisation médiévale des métiers artisanaux. Chaque rue portait traditionnellement le nom d’un métier spécifique : Hang Bac pour les orfèvres, Hang Ma pour les objets votifs, ou encore Hang Gai pour la soie. Cette organisation séculaire persiste partiellement aujourd’hui, créant une atmosphère unique où l’artisanat traditionnel côtoie le commerce moderne. Les maisons tubulaires caractéristiques, étroites en façade mais profondes, témoignent d’un système fiscal ancestral basé sur la largeur des bâtiments. La découverte pédestre de ces ruelles labyrinthiques révèle une densité humaine impressionnante et une vitalité économique préservée.
Les monuments culturels majeurs méritent également une attention particulière. Le Temple de la Littérature, première université vietnamienne construite en 1070, symbolise l’importance accordée au savoir confucéen dans la société féodale. Ses cinq cours successives illustrent le parcours intellectuel des lettrés, culminant devant les stèles doctorales inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le lac Hoan Kiem et son temple Ngoc Son constituent le cœur spirituel de la capitale, associés à la légende de l’épée restituée à la tortue divine. Les promen
…Les promenades autour de ses rives à l’aube ou au crépuscule permettent de saisir le rythme quotidien des Hanoïens, entre séances de tai-chi, jeux d’échecs improvisés et vendeurs de café ambulants. Pour compléter ce premier contact avec la capitale, une soirée au théâtre de marionnettes sur l’eau offre une introduction ludique aux légendes fondatrices du pays.
Baie d’halong et croisière sur jonque traditionnelle à cat ba
Prolonger son circuit au Vietnam en 20 jours par la baie d’Halong et l’archipel de Cat Ba constitue presque un passage obligé. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994, ce labyrinthe de plus de 1 600 pains de sucre calcaires émergeant d’une mer émeraude offre l’un des paysages les plus emblématiques d’Asie. Afin d’éviter au maximum le tourisme de masse, de nombreux voyageurs privilégient aujourd’hui la zone de Lan Ha, au large de l’île de Cat Ba, dont les formations karstiques sont tout aussi spectaculaires que celles d’Halong, mais où la densité de bateaux touristiques demeure plus faible.
La croisière sur jonque traditionnelle permet d’alterner navigation paisible, baignades dans des criques confidentielles et sorties en kayak au ras de l’eau. Vous glissez alors entre les falaises couvertes de végétation, parfois au travers de tunnels naturels menant à des lagunes cachées. Passer une nuit à bord, au mouillage dans une anse abritée, est une expérience inoubliable : le silence n’est troublé que par le clapotis de l’eau contre la coque, tandis que le ciel se couvre d’étoiles loin de toute pollution lumineuse. Sur un circuit de vingt jours, consacrer deux jours et une nuit à la baie d’Halong–Cat Ba offre un excellent compromis entre immersion et gestion du temps de déplacement.
Ninh binh : la baie d’halong terrestre et les temples de hoa lu
À une centaine de kilomètres au sud de Hanoï, la province de Ninh Binh constitue une autre étape majeure d’un circuit nord–sud. Surnommée « baie d’Halong terrestre », elle rassemble un paysage de pitons calcaires dressés au milieu des rizières et traversés par un réseau de rivières paisibles. Tam Coc et Trang An, ses deux sites phares, se découvrent à bord de petites barques manœuvrées au pied ou à la rame par des villageoises. Le rythme lent de la navigation permet de contempler les falaises se reflétant dans l’eau, les buffles d’eau s’ébrouant dans les rizières et les pagodes accrochées au flanc des collines.
Sur le plan historique, Ninh Binh abrite également les vestiges de Hoa Lu, première capitale unifiée du Vietnam au Xe siècle. Les temples dédiés aux dynasties Dinh et Le se nichent au pied des montagnes et conservent stèles, bas-reliefs et autels richement ornés. Une ascension matinale au belvédère de Hang Mua, accessible après environ 500 marches, récompense les plus courageux par une vue panoramique sur la vallée de Tam Coc. Dans un circuit de vingt jours, prévoir deux à trois nuits à Ninh Binh permet de combiner navigation, balades à vélo et visites culturelles sans se presser.
Hué et la cité impériale des empereurs nguyen
En descendant vers le centre du pays, Hué s’impose comme une étape de premier plan pour qui s’intéresse au patrimoine royal vietnamien. Ancienne capitale des empereurs Nguyen de 1802 à 1945, la ville a conservé une Citadelle monumentale inspirée du modèle de la Cité interdite de Pékin. Derrière ses murailles de briques et ses douves se déploient pavillons, portes monumentales, théâtres et palais aux toitures de tuiles vernissées. Bien que plusieurs bâtiments aient souffert des bombardements pendant la guerre, les efforts de restauration en cours permettent aujourd’hui de se représenter l’organisation de la cour impériale.
Au sud de la ville, les tombeaux des empereurs Minh Mang, Tu Duc ou Khai Dinh constituent autant de chefs-d’œuvre de paysagisme funéraire. Chaque mausolée associe pavillons, bassins, collines boisées et alignements de mandarins de pierre dans une mise en scène symbolique de l’au-delà confucéen. Une croisière sur la rivière des Parfums, ponctuée d’un arrêt à la pagode Thien Mu, complète idéalement la visite. Sur un circuit de vingt jours, deux journées pleines à Hué offrent le temps nécessaire pour explorer les principaux sites tout en savourant la cuisine raffinée héritée de la cour.
Hoi an : architecture sino-vietnamienne et plage d’an bang
À moins de trois heures de route de Hué en passant par le spectaculaire col des Nuages, Hoi An apparaît comme une parenthèse hors du temps. Ancien port marchand cosmopolite du XVIe au XVIIIe siècle, la ville a su préserver un centre historique exceptionnellement bien conservé, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Maisons de négociants chinois, temples de communautés, salles de congrégation et pont couvert japonais composent un ensemble architectural harmonieux, où lanternes colorées et façades ocre créent une atmosphère particulièrement photogénique.
Au-delà de la vieille ville, Hoi An séduit aussi par sa douceur de vivre et la proximité de la mer. La plage d’An Bang, à quelques kilomètres seulement, offre une longue bande de sable fin bordée de cocotiers, idéale pour un moment de détente au milieu d’un circuit dense. Nombre de voyageurs choisissent d’y loger et de rejoindre la vieille ville à vélo, profitant ainsi des paysages de rizières au lever ou au coucher du soleil. Cours de cuisine, ateliers de fabrication de lanternes et excursions à vélo dans la campagne environnante complètent une étape de trois à quatre nuits largement justifiée dans un voyage de vingt jours au Vietnam.
Exploration ethnographique des hautes terres et minorités du nord
Pour les voyageurs disposant de trois semaines complètes, intégrer une boucle dans les montagnes du Nord permet d’ajouter une dimension ethnographique forte au circuit. Les reliefs escarpés du Nord-Ouest et du Nord-Est abritent une mosaïque d’ethnies minoritaires – Hmong, Dao, Tay, Nung, Lolo, entre autres – dont les modes de vie ont longtemps été préservés par l’isolement géographique. Randonnées dans les rizières en terrasses, nuits chez l’habitant et visites de marchés hebdomadaires complètent idéalement la découverte des grandes villes et sites classés du pays.
Randonnée dans les rizières en terrasses de sapa et mu cang chai
La région de Sapa, accessible en train de nuit ou par la route depuis Hanoï, offre l’un des terrains de randonnée les plus réputés d’Asie du Sud-Est. Les vallées de Muong Hoa et de Ta Van sont sculptées de rizières en terrasses spectaculaires, dont l’apparence évolue au fil des saisons : inondées de reflets argentés au printemps, d’un vert éclatant en été, puis dorées au moment des récoltes en septembre–octobre. Marcher de village en village, accompagné d’un guide local, permet d’observer le quotidien des communautés Hmong noirs, Dao rouges ou Giay qui cultivent ces pentes abruptes.
À environ 6 heures de route au sud-ouest de Sapa, Mu Cang Chai reste plus confidentielle et convient aux voyageurs en quête d’itinéraires hors des sentiers battus. Ses rizières en terrasses en forme d’amphithéâtre figurent régulièrement dans les classements internationaux des plus beaux paysages agricoles du monde. Les hébergements chez l’habitant, bien que simples, favorisent les échanges autour d’un thé vert ou d’un bol de « com lam » (riz gluant cuit dans un bambou). Dans la structure d’un circuit de vingt jours, on réserve généralement quatre à cinq jours à cette incursion montagnarde, en alternant randonnées de difficulté modérée et transferts routiers panoramiques.
Rencontre avec les ethnies hmong, dao rouge et tay à bac ha
Plus à l’est, le district de Bac Ha constitue une autre porte d’entrée privilégiée vers l’univers des minorités du Nord. Installée sur un plateau à 1 000 mètres d’altitude, la petite ville domine un paysage de vallées encaissées où s’échelonnent champs de maïs, rizières et vergers de pruniers. Les villages alentours sont majoritairement occupés par les Hmong fleuris, reconnaissables à leurs costumes richement brodés, ainsi que par des communautés Tay et Phu La. Marcher de hameau en hameau, accompagné d’un guide francophone, offre l’occasion de s’initier aux techniques de teinture à l’indigo, au tissage des étoffes ou encore à la distillation d’alcool de maïs.
Les Tay, ethnie majoritaire des vallées, vivent quant à eux dans de grandes maisons sur pilotis construites en bois, souvent au bord des rivières. Y passer une nuit permet de partager un repas familial autour du « com », le riz cuit à la vapeur, accompagné de légumes du jardin et de poissons pêchés dans les ruisseaux voisins. Pour les photographes comme pour les voyageurs curieux, ces moments du quotidien, loin des circuits standardisés, restent souvent parmi les souvenirs les plus marquants d’un voyage au Vietnam.
Marché dominical de bac ha et artisanat traditionnel des montagnards
Le marché dominical de Bac Ha, l’un des plus vastes du Nord-Vietnam, constitue un point d’orgue de tout séjour dans la région. Dès l’aube, les sentiers de montagne se remplissent de paysans en tenue traditionnelle convergeant vers le bourg, chargés de paniers en osier remplis de produits agricoles, de tissus ou d’animaux de basse-cour. Loin d’être une simple attraction touristique, ce marché tient un rôle économique et social central : on y vend bœufs, buffles, chevaux, mais aussi plantes médicinales, outils agricoles et vêtements brodés à la main.
Pour le voyageur, c’est l’occasion d’observer l’extraordinaire diversité des costumes, coiffes et bijoux des différentes ethnies, et de mesurer l’importance de l’artisanat dans l’économie montagnarde. Les Hmong fleuris, par exemple, passent de longues heures à broder et assembler les pièces de leurs habits, qui peuvent représenter plusieurs mois de travail. Acheter un foulard ou une ceinture directement auprès de l’artisane qui l’a fabriqué permet non seulement de ramener un souvenir authentique, mais aussi de soutenir une filière locale menacée par la production industrielle.
Ha giang loop : col de ma pi leng et plateau karstique de dong van
Plus au nord-est encore, la boucle de Ha Giang est considérée comme l’un des plus beaux itinéraires routiers du pays, voire de toute l’Asie. Cette route en corniche serpente au milieu d’un décor minéral grandiose, inscrit au réseau des géoparcs mondiaux de l’UNESCO sous le nom de plateau karstique de Dong Van. Les falaises calcaires aux formes tourmentées alternent avec des vallées encaissées où se nichent villages Hmong et Lolo noirs, dont les maisons de pierre et de torchis semblent se fondre dans le paysage.
Le col de Ma Pi Leng, culminant à environ 1 500 mètres, offre des points de vue vertigineux sur la rivière Nho Que qui trace son sillon turquoise au fond d’un canyon profond. Les plus aventureux peuvent compléter l’expérience par une balade en bateau sur cette rivière, qui renforce encore l’impression d’être minuscule au pied des parois verticales. Compte tenu des routes sinueuses et parfois étroites, il est recommandé de parcourir la Ha Giang Loop avec un chauffeur expérimenté ou dans le cadre d’un circuit organisé. Sur un voyage de vingt jours, trois à quatre jours dans cette région suffisent à saisir l’essence de ces paysages extrêmes sans alourdir excessivement le programme.
Sites UNESCO et patrimoine culturel vietnamien incontournable
Au-delà de la simple contemplation de paysages, un circuit au Vietnam en 20 jours offre l’opportunité de parcourir plusieurs sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces lieux, qu’ils soient naturels, culturels ou mixtes, témoignent de la richesse d’une civilisation à la croisée des influences chinoise, indienne et khmère. Les intégrer intelligemment à votre itinéraire permet de construire un fil rouge cohérent entre Hanoï, le centre historique et les régions karstiques du Nord.
Sanctuaire de my son : vestiges cham et architecture hindouiste
Situé à une cinquantaine de kilomètres de Hoi An, le sanctuaire de My Son fut du IVe au XIIIe siècle le principal centre religieux du royaume de Champa. Ce peuple, de culture indianisée, contrôlait alors une partie importante de la côte centrale du Vietnam et entretenait d’intenses échanges commerciaux avec l’Inde et le monde malais. Les tours-sanctuaires de brique, dédiées à Shiva et à d’autres divinités hindoues, témoignent de cette influence et constituent un exemple remarquable d’architecture cham.
Bien que de nombreuses structures aient été endommagées par les bombardements américains, un ensemble significatif de tours et de bas-reliefs subsiste, aujourd’hui protégé et restauré. La visite, idéalement réalisée tôt le matin pour éviter la chaleur, permet de comprendre comment My Son fonctionnait comme un équivalent miniature d’Angkor pour les Cham, avec ses différents groupes de temples alignés le long d’une vallée verdoyante. Dans le cadre d’un séjour de vingt jours, une demi-journée suffit à explorer le site, souvent combinée à un retour en bateau vers Hoi An.
Parc national de phong Nha-Ke bang et grotte son doong
Plus au nord, dans la province de Quang Binh, le parc national de Phong Nha-Ke Bang abrite l’un des plus impressionnants massifs karstiques d’Asie, vieux de plus de 400 millions d’années. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2003 puis étendu en 2015, il compte des centaines de grottes, dont certaines figurent parmi les plus vastes du monde. Les plus accessibles, comme Phong Nha ou Thien Duong (« grotte du Paradis »), se visitent à la journée et dévoilent des galeries spectaculaires ornées de stalactites et stalagmites géantes.
La grotte de Son Doong, quant à elle, détient le record de plus grande cavité souterraine connue à ce jour, avec des volumes si colossaux qu’ils pourraient abriter plusieurs gratte-ciel de quarante étages. Son exploration, strictement réglementée, fait l’objet d’expéditions de plusieurs jours réservées à un nombre très limité de participants et requiert un budget conséquent. Pour la plupart des voyageurs, concentrer sa découverte sur les grottes ouvertes au grand public constitue déjà une immersion fascinante dans les entrailles du karst vietnamien. Sur un circuit de vingt jours, deux à trois jours dans la région de Phong Nha permettent de combiner spéléologie douce, randonnée et descente en tyrolienne au-dessus de la rivière Chay.
Complexe paysager de trang an et pagode bai dinh
Revenons enfin à la province de Ninh Binh, dont le complexe paysager de Trang An est lui aussi inscrit à l’UNESCO en tant que site mixte, à la fois culturel et naturel. Cette reconnaissance tient autant à la beauté des paysages karstiques qu’aux découvertes archéologiques attestant d’une occupation humaine continue depuis la préhistoire. Les circuits en barque à Trang An, plus longs et plus variés que ceux de Tam Coc, traversent une succession de grottes, vallées noyées et petits temples isolés, offrant une immersion quasi contemplative.
À quelques kilomètres de là, la pagode Bai Dinh impressionne par ses dimensions hors normes : il s’agit de l’un des plus vastes complexes bouddhiques d’Asie du Sud-Est. Statues monumentales, allées bordées de centaines de bouddhas en pierre et gigantesque cloche de bronze illustrent la vitalité du bouddhisme contemporain au Vietnam. Pour ne pas souffrir de la chaleur, il est recommandé de visiter Bai Dinh en début de matinée ou en fin d’après-midi, après une excursion en barque à Trang An. Cette combinaison nature–spiritualité s’intègre parfaitement à un itinéraire de vingt jours incluant déjà Hanoï et la baie d’Halong.
Gastronomie régionale et spécialités culinaires du vietnam
Aucun circuit au Vietnam en 20 jours ne serait complet sans un véritable voyage gustatif à travers les trois grandes régions du pays. De la fraîcheur acidulée des plats du Nord aux saveurs plus sucrées et épicées du Sud, en passant par la finesse des recettes du centre, la cuisine vietnamienne reflète la diversité des terroirs et des influences culturelles. Chaque étape de votre itinéraire devient ainsi l’occasion d’explorer un nouveau pan de ce patrimoine culinaire, que ce soit sur un tabouret en plastique dans une gargote de rue ou à la table d’un restaurant familial.
Pho bac à hanoï versus pho nam à ho chi Minh-Ville
Le « pho », soupe de nouilles de riz dans un bouillon parfumé, est sans doute le plat le plus emblématique du Vietnam. Pourtant, sa recette varie sensiblement entre le Nord et le Sud, au point que certains parlent de deux écoles distinctes. À Hanoï, le « pho bac » (pho du Nord) se caractérise par un bouillon limpide et subtil, longuement mijoté à partir d’os de bœuf, de cannelle et d’anis étoilé. La garniture reste épurée : quelques fines tranches de viande, un peu d’oignon nouveau et de coriandre, parfois un filet de citron. L’ensemble met en valeur la pureté du bouillon, consommé de préférence au petit matin.
À Ho Chi Minh-Ville, le « pho nam » adopte au contraire une approche plus généreuse et aromatique. Le bouillon est souvent plus corsé, parfois légèrement sucré, et accompagné d’un large assortiment d’herbes fraîches (basilic thaï, menthe, ngo gai), de germes de soja et de sauces (hoisin, piment). Cette différence illustre bien le contraste général entre une cuisine du Nord plus sobre, héritée du confucianisme, et une cuisine du Sud influencée par l’abondance agricole du delta du Mékong. Tester les deux versions au cours d’un même voyage constitue un exercice de comparaison aussi délicieux qu’instructif.
Cao lau et banh mi à hoi an : fusion culinaire sino-vietnamienne
Hoi An, carrefour historique des influences chinoises, japonaises et européennes, s’illustre aussi par des spécialités introuvables ailleurs. Le « cao lau », par exemple, associe des nouilles épaisses et légèrement fermes, des lamelles de porc rôties, des herbes fraîches et des croûtons croustillants, le tout nappé d’un bouillon réduit. La légende veut que l’eau utilisée pour préparer ces nouilles provienne exclusivement d’un puits ancestral de la ville, conférant au plat sa texture si particulière. Vrai ou non, ce récit participe au charme d’un mets à mi-chemin entre soupe et salade tiède.
Autre icône locale, le « banh mi » de Hoi An illustre la fusion réussie entre héritage colonial français (baguette croustillante) et garnitures vietnamiennes (rillettes de porc, pâté, coriandre, carottes et radis pickles). Plusieurs échoppes revendiquent le titre de « meilleur banh mi du monde », et il n’est pas rare de voir les voyageurs enchaîner les dégustations pour se forger leur propre opinion. Ces expériences, aussi modestes soient-elles, participent à faire de Hoi An l’une des capitales gastronomiques du pays.
Cuisine de rue à ben thanh et cours de cuisine à hue
Dans le Sud, Ho Chi Minh-Ville se révèle être un paradis pour les amateurs de cuisine de rue. Autour du marché de Ben Thanh et dans les ruelles des quartiers 1, 3 ou 5, une multitude de stands proposent « com tam » (riz brisé au porc grillé), « bun thit nuong » (vermicelles de riz au porc et aux herbes), « goi cuon » (rouleaux de printemps frais) ou encore desserts à base de lait de coco et de tapioca. Manger sur le trottoir, au milieu du ballet des motos et des conversations enjouées, permet de saisir l’énergie bouillonnante de la métropole.
À l’opposé, Hué privilégie une approche plus cérémonielle de la gastronomie, héritée de son passé impérial. De nombreux restaurants proposent des menus inspirés de la cuisine de cour, avec une succession de petits plats finement travaillés. Participer à un cours de cuisine dans un jardin de la ville ou au bord de la rivière des Parfums permet d’apprendre à préparer quelques classiques – « banh beo » (petits flans de riz à la vapeur), « nem lui » (brochettes de porc grillées) – et de rapporter chez soi plus qu’un simple souvenir gustatif : un véritable savoir-faire.
Ho chi Minh-Ville et immersion dans le delta du mékong
Terminer un circuit Vietnam 20 jours par le Sud offre une transition logique vers un climat plus tropical et une ambiance résolument tournée vers le commerce et l’ouverture internationale. Ho Chi Minh-Ville, poumon économique du pays, contraste fortement avec Hanoï par sa verticalité, son trafic incessant et son goût pour la modernité. À quelques heures de route seulement, le delta du Mékong déroule ensuite un univers amphibie où la vie s’organise au rythme des crues et des marées.
Tunnels de cu chi et vestiges de la guerre du vietnam
À une soixantaine de kilomètres au nord-ouest du centre-ville, les tunnels de Cu Chi constituent un témoignage saisissant de l’ingéniosité et de la détermination des combattants vietnamiens pendant la guerre. Ce réseau souterrain de plus de 200 kilomètres, creusé à la main dans une terre latéritique particulièrement dure, servait à la fois de base militaire, d’entrepôt, d’infirmerie et de refuge pour les populations civiles. La visite, guidée, permet de parcourir quelques sections élargies pour l’accueil du public et de découvrir les systèmes de ventilation, de piégeage et de camouflage utilisés à l’époque.
Combinée avec le musée des Vestiges de la guerre au cœur de Ho Chi Minh-Ville, cette excursion offre une perspective historique indispensable pour comprendre les épreuves traversées par le pays au XXe siècle. Pour certains voyageurs, les images et récits peuvent s’avérer éprouvants ; il est donc important d’aborder ces sites avec sensibilité et respect. Sur un circuit de vingt jours, consacrer une journée complète à ces deux visites permet d’éviter de les survoler et de laisser le temps à la réflexion.
Marchés flottants de cai rang et can tho sur le fleuve
En descendant vers le sud-ouest, on pénètre dans le vaste delta du Mékong, parfois surnommé « le grenier à riz du Vietnam ». Can Tho, principale ville de la région, constitue une base idéale pour explorer les marchés flottants alentour, dont le plus célèbre reste celui de Cai Rang. Dès l’aube, des dizaines de bateaux de taille moyenne s’y regroupent, chargés de fruits, légumes, riz ou charbon, tandis que de plus petites embarcations jouent le rôle de cafés et de gargotes flottantes. Chaque vendeur accroche un échantillon de sa marchandise à une longue perche dressée à la proue, permettant de repérer d’un coup d’œil qui vend quoi.
Observer ce ballet depuis une barque de visite donne l’impression d’assister à une scène sortie d’un autre temps, même si le nombre de bateaux a diminué ces dernières années avec le développement des routes terrestres. Après le marché, une balade dans les canaux secondaires, bordés de vergers et de maisons sur pilotis, permet de découvrir une vie quotidienne intimement liée au fleuve. Dans l’économie d’un séjour de vingt jours, deux nuits à Can Tho offrent généralement le bon équilibre entre immersion fluviale et temps de trajet.
Villages artisanaux de my tho et île aux cocotiers de ben tre
Plus proches de Ho Chi Minh-Ville, My Tho et Ben Tre donnent un premier aperçu du delta pour ceux qui disposent de moins de temps ou souhaitent limiter les distances. Autour de My Tho, plusieurs îlots fluviaux accueillent des vergers où l’on déguste ramboutans, longanes, mangues et fruits du dragon directement cueillis sur l’arbre. Des spectacles de musique traditionnelle « don ca tai tu » y sont parfois improvisés, perpétuant un art inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Dans la province voisine de Ben Tre, surnommée « royaume du cocotier », de petits ateliers artisanaux transforment chaque partie de la noix de coco en produit fini : bonbons, huile, charbon actif, fibres pour matelas ou objets décoratifs. Une balade en vélo à travers les palmeraies, complétée par une promenade en barque dans les arroyos ombragés, permet de mesurer à quel point l’arbre est au cœur de l’économie locale. Intégrer My Tho et Ben Tre dans un circuit de vingt jours se fait aisément en une à deux journées, en complément ou en alternative à Can Tho.
Plages paradisiaques et stations balnéaires du littoral central
Pour beaucoup de voyageurs, un circuit au Vietnam en 20 jours ne serait pas parfait sans quelques jours de détente en bord de mer. Avec plus de 3 000 kilomètres de côtes, le pays offre de nombreuses possibilités de séjour balnéaire, particulièrement concentrées le long du littoral central et dans le Sud. L’idéal consiste à insérer cette parenthèse de repos au milieu ou à la fin du voyage, après plusieurs jours de visites intensives.
Nha trang : plongée sous-marine et sources chaudes de thap ba
Nha Trang, grande station balnéaire de la côte centrale, combine une longue plage de sable doré, des eaux claires propices à la baignade et de nombreuses infrastructures touristiques. L’archipel de Hon Mun, au large, abrite plusieurs sites de plongée sous-marine et de snorkeling appréciés pour leurs récifs coralliens et leur faune tropicale. Les conditions sont généralement optimales entre février et août, avec une visibilité pouvant atteindre 15 à 20 mètres.
Au-delà de la plage, Nha Trang propose aussi des activités bien-être grâce à ses bains de boue et sources chaudes, notamment au centre de Thap Ba. S’immerger dans un bassin de boue tiède puis se rincer sous des cascades d’eau thermale constitue une parenthèse relaxante appréciée après un long trajet en train de nuit ou en bus. Dans un itinéraire de vingt jours, deux à trois nuits à Nha Trang suffisent à profiter de la mer, des îles voisines et des installations de détente sans alourdir excessivement le budget.
Mui ne et dunes rouges : kitesurf et village de pêcheurs
Plus au sud, près de la ville de Phan Thiet, Mui Ne s’est fait un nom grâce à ses longues plages balayées par des vents réguliers, idéales pour le kitesurf et la planche à voile. De novembre à avril, les conditions de vent y sont particulièrement stables, attirant une communauté internationale de passionnés. Les écoles de kitesurf y sont nombreuses et proposent des cours pour débutants comme pour pratiquants confirmés.
Mais Mui Ne ne se résume pas à ses seuls sports nautiques. Les dunes de sable rouge et blanc, situées à quelques kilomètres de la baie, offrent au lever et au coucher du soleil un décor quasi désertique, en contraste saisissant avec la mer toute proche. Le petit village de pêcheurs, avec ses barques rondes en osier typiques de la région, rappelle quant à lui que la pêche reste l’une des principales sources de revenus locales. Deux jours complets constituent un minimum pour profiter pleinement de Mui Ne dans le cadre d’un circuit Vietnam 20 jours.
Phu quoc : plage de sao et parc national forestier subtropical
Enfin, pour ceux qui souhaitent terminer leur voyage par une véritable carte postale tropicale, l’île de Phu Quoc, au large du Cambodge, représente une option de choix. Accessible en une heure de vol depuis Ho Chi Minh-Ville, elle déploie des plages de sable blanc bordées de palmiers et baignées d’eaux turquoise. La plage de Sao, au sud-est de l’île, est souvent citée parmi les plus belles du pays, avec son lagon peu profond idéal pour la baignade en famille.
L’intérieur de l’île, en grande partie protégé par un parc national, abrite une forêt subtropicale où l’on peut randonner à la journée, observer singes et calaos, ou se baigner dans des cascades en saison des pluies. Les fermes perlières, les ateliers de fabrication de nuoc-mam (saumure de poisson) et les plantations de poivre témoignent d’une économie encore largement agricole. Dans le cadre d’un circuit au Vietnam en 20 jours, consacrer trois à quatre nuits à Phu Quoc permet de conclure en douceur un voyage riche en découvertes culturelles et naturelles, avant de reprendre l’avion vers l’Europe.