Le Mozambique s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations de navigation les plus prisées de l’océan Indien. Avec ses 2 500 kilomètres de côtes bordées d’archipels paradisiaques, de récifs coralliens préservés et de baies abritées, ce pays d’Afrique australe offre aux navigateurs une diversité exceptionnelle de mouillages et de spots de croisière. Les eaux mozambicaines abritent une biodiversité marine remarquable, des infrastructures nautiques en développement constant et des conditions de navigation favorables une grande partie de l’année. Que vous recherchiez des plongées spectaculaires, des anchorages isolés ou des bases nautiques bien équipées, le littoral mozambicain répond à toutes les attentes des plaisanciers expérimentés comme des débutants en croisière hauturière.
Archipel des quirimbas : navigation entre îles coralliennes et récifs préservés
L’archipel des Quirimbas, situé dans la province de Cabo Delgado au nord du Mozambique, constitue sans conteste l’un des joyaux méconnus de la navigation dans l’océan Indien. Composé de 32 îles s’étendant sur environ 250 kilomètres le long de la côte, cet archipel offre une diversité exceptionnelle de mouillages protégés, de récifs coralliens spectaculaires et de plages désertes. Le parc national marin des Quirimbas, créé en 2002, protège une superficie maritime de plus de 7 500 kilomètres carrés, garantissant la préservation d’écosystèmes marins parmi les plus riches d’Afrique orientale.
La navigation dans les Quirimbas présente des caractéristiques particulières qui exigent une planification minutieuse. Les passes entre les îles requièrent une connaissance précise des courants et des marées, avec des variations pouvant atteindre 4 mètres lors des marées d’équinoxe. Les cartes marines actualisées sont essentielles, car certaines zones présentent des hauts-fonds non signalés et des récifs émergents à marée basse. Les navigateurs expérimentés recommandent d’effectuer les traversées entre îles pendant les périodes de marée haute et par bonne visibilité pour identifier les changements de couleur d’eau indiquant les zones peu profondes.
Ibo island : mouillage historique dans la baie protégée
Ibo Island représente le cœur historique et culturel de l’archipel des Quirimbas. Cette île fortifiée du XVIe siècle offre un mouillage parfaitement protégé dans sa baie naturelle, accessible par une passe bien balisée d’environ 200 mètres de largeur. Le fond de sable et de vase assure une excellente tenue pour l’ancrage, même lors des vents soutenus de mousson. La profondeur dans la zone de mouillage varie de 5 à 12 mètres, permettant d’accueillir des voiliers de toutes tailles.
L’infrastructure nautique d’Ibo reste rudimentaire mais fonctionnelle. Vous trouverez des services basiques de ravitaillement en eau et en carburant, ainsi qu’un petit chantier naval capable d’effectuer des réparations d’urgence. La communauté locale, habituée aux visiteurs, propose des services de blanchisserie et de gardiennage pour les embarcations. L’île elle-même mérite une exploration approfondie, avec ses forts coloniaux portugais remarquablement préservés, ses ateliers d’orfèvrerie traditionnelle et son atmosphère hors du temps qui contraste avec les développements touristiques des autres régions mozambicaines.
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Medjumbe et Quilálea, deux îles privées situées au nord de l’archipel, sont réputées pour leurs eaux turquoise peu profondes et leurs mouillages idylliques. Les zones d’ancrage se situent généralement sur fond de sable blanc, entre 3 et 8 mètres de profondeur, ce qui facilite grandement la tenue au mouillage et les manœuvres, même pour un équipage réduit. Les récifs frangeants, clairement visibles grâce à la transparence de l’eau, exigent toutefois une approche prudente et une navigation à vue en journée, idéalement avec un équipier à l’avant pour surveiller les patates de corail.
Ces îles sont particulièrement appréciées des plaisanciers qui recherchent un mouillage en eaux calmes, propice au snorkeling et aux baignades directement depuis le bateau. Les lagons formés par les récifs offrent des zones protégées du clapot, où la houle de l’océan Indien est fortement atténuée. En contrepartie, les infrastructures à terre restent limitées : il s’agit avant tout de destinations de croisière pour navigateurs autonomes, disposant de réserves suffisantes en eau douce, carburant et vivres. Vous profiterez ici d’un environnement quasi intact, avec une fréquentation nautique encore très faible par rapport à d’autres destinations de croisière de l’océan Indien.
Matemo island : zone de plongée avec raies manta et requins-baleines
Matemo Island constitue l’un des meilleurs spots de croisière autour du Mozambique pour les amateurs de plongée et de snorkeling à la recherche de grandes espèces. Située au cœur du canal du Mozambique, l’île est bordée de récifs où l’on observe régulièrement raies manta, requins-baleines (principalement entre octobre et mars) et tortues marines. Les sites de plongée se trouvent à courte distance des zones de mouillage, ce qui permet d’organiser facilement des sorties en annexe ou en semi-rigide.
Le mouillage principal se fait généralement sur le versant ouest de l’île, plus abrité des vents dominants. La profondeur oscille entre 6 et 15 mètres sur fond sableux, avec une bonne tenue pour l’ancre. Les courants peuvent toutefois être puissants à proximité des passes récifales, en particulier lors des marées de vive-eau. Il est donc recommandé de planifier les plongées dérivantes avec un centre local ou un guide expérimenté, et de toujours vérifier les prévisions de marées avant d’entrer dans les chenaux les plus exposés.
Conditions de navigation : vents alizés et marées dans le canal du mozambique
La navigation dans l’archipel des Quirimbas est fortement influencée par les régimes d’alizés et les marées importantes du canal du Mozambique. De mai à septembre, l’alizé de sud-est (SE trade wind) domine, offrant des conditions de navigation généralement plus fraîches et plus stables, avec des vents modérés de 15 à 20 nœuds. D’octobre à avril, les vents s’orientent progressivement au nord et au nord-est, apportant des températures plus élevées et parfois des épisodes orageux, surtout en fin de journée.
Les marées semi-diurnes présentent un marnage moyen de 3 à 4 mètres lors des marées de vives-eaux, ce qui a un impact direct sur l’accès aux mouillages et sur la profondeur disponible dans les passes. Une bonne maîtrise de la cartographie nautique et des tables de marées est indispensable pour éviter toute mise au sec involontaire sur un banc de sable ou un récif affleurant. En pratique, vous gagnerez à planifier vos mouvements entre îles à marée montante, en particulier si votre tirant d’eau dépasse 1,80 m, et à privilégier la navigation de jour, lorsque les changements de couleur de l’eau permettent de lire le relief sous-marin comme une carte à ciel ouvert.
Bazaruto archipelago : croisière dans le parc marin national
Plus au sud, au large de Vilankulo, l’archipel de Bazaruto est sans doute le secteur de croisière le plus connu du Mozambique. Classé parc marin national depuis 1971, il protège une mosaïque d’îles sablonneuses, de dunes spectaculaires, de lagons peu profonds et de récifs coralliens. Pour les plaisanciers, c’est un véritable terrain de jeu : mouillages abrités, plongées de niveau débutant à avancé, rencontres avec les dugongs et navigation à faible distance entre les îles. Vous évoluez ici dans un environnement très réglementé, mais parfaitement adapté à une croisière de plusieurs jours en voilier ou en catamaran.
Benguerra island : spots de snorkeling sur les jardins de corail
Benguerra Island, deuxième plus grande île de l’archipel de Bazaruto, est entourée de jardins de corail accessibles en palmes-masque-tuba depuis l’annexe ou même directement depuis le mouillage, selon la hauteur d’eau. La côte ouest offre des mouillages relativement bien protégés des vents dominants de sud-est, avec des profondeurs de 4 à 10 mètres sur fond de sable fin. Les récifs frangeants débutent parfois à quelques dizaines de mètres seulement de la ligne de mouillage, facilitant les sorties snorkeling pour toute la famille.
Les spots les plus réputés se trouvent au nord-ouest de l’île, où la biodiversité corallienne est particulièrement riche : poissons-papillons, poissons-anges, gaterins et poissons-clowns évoluent autour de tables d’acropores et de massifs de corail-cervelle. Pour maximiser la visibilité sous-marine, privilégiez les heures de marée haute et les matinées, lorsque le plancton est moins présent et la lumière encore douce. Certaines zones étant sensibles à l’érosion et au piétinement, il est essentiel de respecter les recommandations du parc marin : ne pas poser pied sur le récif, éviter les coups de palmes sur les coraux et ne jamais nourrir les poissons.
Two mile reef : plongée technique sur tombants et formations coralliennes
Situé entre les îles de Bazaruto et Benguerra, Two Mile Reef est l’un des sites de plongée emblématiques du Mozambique. Ce long récif en forme de croissant offre une grande variété de plongées : plateaux peu profonds pour les débutants, tombants plus exposés pour les plongeurs expérimentés et passages balayés par les courants où se concentrent pélagiques et raies. Les profondeurs varient de 5 à plus de 30 mètres, ce qui permet de programmer des immersions adaptées à tous les niveaux au sein d’une même zone.
Pour les plaisanciers, l’accès à Two Mile Reef nécessite une bonne connaissance des conditions locales. Le mouillage se fait généralement en dehors de la barrière récifale, sur fond de sable, puis les plongeurs sont transférés en annexe vers le site choisi. Les courants peuvent être soutenus, notamment en période de grande marée, et la houle du large vient parfois casser sur le récif comme sur une barrière naturelle. Il est donc vivement recommandé de plonger avec un centre local qui connaît les entrées-sorties sûres et sait lire les évolutions rapides de la mer, un peu comme on lirait les signaux d’un tableau de bord en aviation.
Baie de san sebastian : ancrage abrité et observation des dugongs
Au sud de Bazaruto, la baie de San Sebastian forme une vaste anse protégée, idéale pour un mouillage prolongé. Les fonds y sont majoritairement sablonneux, avec des profondeurs comprises entre 3 et 8 mètres, ce qui en fait un ancrage très apprécié des voiliers de croisière et des catamarans. Vous y trouverez un excellent abri contre les vents de sud-est, même en période de renforcement des alizés. La topographie de la baie limite la formation de clapot, ce qui garantit des nuits particulièrement calmes à bord.
La baie est aussi l’un des meilleurs secteurs du Mozambique pour observer les dugongs, ces siréniens menacés qui se nourrissent dans les herbiers marins. Les rencontres sont plus fréquentes au lever et au coucher du soleil, lorsque l’activité humaine est réduite. Pour ne pas perturber ces animaux fragiles, il est recommandé de réduire la vitesse à l’approche des zones d’herbiers, d’éviter tout bruit excessif et de maintenir une distance d’observation suffisante. Une approche respectueuse vous permettra non seulement de vivre une expérience inoubliable, mais aussi de contribuer à la préservation d’une espèce emblématique du canal du Mozambique.
Magaruque island : navigation en catamaran dans les lagons peu profonds
Magaruque Island, plus petite que Bazaruto et Benguerra, est entourée de lagons peu profonds qui en font un terrain de jeu idéal pour les catamarans à faible tirant d’eau. À marée haute, vous pouvez vous approcher très près des bancs de sable, avec des profondeurs parfois inférieures à 2 mètres, tout en conservant une marge de sécurité. À marée basse, le paysage se transforme : les bancs émergent, dessinant des chenaux naturels que l’on apprend rapidement à lire en observant la couleur de l’eau, comme on déchiffrerait une carte en relief.
Pour les navigateurs en monocoque, une approche plus prudente s’impose, en particulier si le tirant d’eau dépasse 1,80 m. Le recours à un sondeur fiable et à un équipier posté à l’étrave est ici indispensable. En contrepartie, la zone offre des conditions idéales pour des activités nautiques annexes : kayak de mer, stand up paddle, snorkeling dans des eaux cristallines. Vous apprécierez aussi les mouillages éphémères le long des bancs de sable, parfaits pour improviser un déjeuner les pieds dans l’eau avant de reprendre la route vers Vilankulo.
Régulations maritimes : permis de navigation dans les eaux protégées
Naviguer dans le parc marin national de Bazaruto implique de respecter un cadre réglementaire précis. Les plaisanciers doivent s’acquitter de droits d’entrée dans le parc, calculés en fonction du nombre de personnes à bord et parfois du type de bateau. Des autorisations spécifiques peuvent être nécessaires pour pêcher, plonger avec bouteilles ou mouiller dans certaines zones sensibles. Les contrôles sont réguliers, menés par les autorités parcs et les gardes côtiers, qui veillent à limiter les impacts de la fréquentation nautique.
Avant d’entamer votre croisière, il est vivement recommandé de se renseigner auprès des capitaineries locales ou des opérateurs de charter de Vilankulo sur les permis en vigueur et les zones de mouillage autorisées. Certaines cartes électroniques ou guides nautiques peuvent être obsolètes en matière de réglementation, alors que les règles évoluent régulièrement pour mieux protéger les écosystèmes. Considérez ces formalités non pas comme une contrainte, mais comme une assurance de durabilité : en respectant les zones de non-prélèvement et les limitations de vitesse, vous contribuez directement à la préservation de ce parc marin exceptionnel pour les générations futures de navigateurs.
Inhaca island et península de santa maria : croisière côtière depuis maputo
Au sud du pays, la région de Maputo offre également des possibilités de croisière côtière intéressantes, notamment vers Inhaca Island et la péninsule de Santa Maria. Située à une trentaine de kilomètres au large de la capitale, Inhaca est accessible en quelques heures de navigation, ce qui en fait une escapade idéale pour un long week-end en voilier ou en catamaran. La côte ouest de l’île est bordée d’un récif corallien, tandis que le côté est donne sur le large, offrant des ambiances marines très différentes à courte distance.
La péninsule de Santa Maria, au sud d’Inhaca, forme un chenal étroit où les courants de marée peuvent être puissants, mais où l’on trouve des mouillages bien abrités du vent. Les navigateurs apprécient particulièrement les ancrages face aux plages désertes, d’où l’on peut rejoindre la mangrove ou les récifs en annexe. Les conditions de navigation restent toutefois plus techniques qu’il n’y paraît : la visibilité peut être réduite par les sédiments des estuaires, et de nombreux hauts-fonds sableux se déplacent au fil des saisons. Une cartographie à jour, complétée par une navigation à vue attentive, est donc indispensable pour évoluer en toute sécurité dans cette zone.
Vilankulo et inhassoro : bases nautiques pour l’exploration du sud
Vilankulo et Inhassoro se sont imposées ces dernières années comme les principales bases nautiques pour explorer le sud du Mozambique en croisière. Vilankulo, en particulier, bénéficie d’un aéroport international, de plusieurs marinas privées et de nombreux opérateurs de charter proposant voiliers, catamarans et bateaux à moteur. C’est le point de départ privilégié pour une croisière dans l’archipel de Bazaruto, avec des distances de navigation raisonnables entre les différentes îles et une offre de services en constante amélioration.
Inhassoro, plus au nord, joue le rôle de base avancée pour les plaisanciers qui souhaitent explorer des secteurs encore moins fréquentés. La baie y offre plusieurs mouillages abrités, avec des profondeurs adaptées aux unités de croisière de 10 à 15 mètres. Les infrastructures sont plus modestes qu’à Vilankulo, mais suffisantes pour se ravitailler en eau, en carburant et en produits frais. En choisissant de combiner ces deux ports d’attache, vous optimisez à la fois le confort logistique et l’accès à des zones de navigation variées, allant des lagons peu profonds aux zones de pêche hauturière au large.
Pemba et palma : points de départ vers les eaux tropicales du nord
Dans l’extrême nord du Mozambique, Pemba et Palma constituent les principaux ports d’accès aux eaux tropicales les plus reculées du pays. Cette région, proche de la frontière tanzanienne, offre des conditions de navigation encore peu exploitées par la plaisance internationale, avec des récifs coralliens en excellent état et une fréquentation nautique très limitée. Pour les navigateurs en quête d’aventures hors des sentiers battus, ces ports représentent des points de départ stratégiques, à condition de bien préparer la logistique et la sécurité du voyage.
Baie de pemba : troisième plus grand port naturel au monde
La baie de Pemba est souvent citée comme le troisième plus grand port naturel au monde, après Rio de Janeiro et Sydney. Cette vaste échancrure de la côte offre un plan d’eau remarquablement bien abrité, pratiquement fermé sur l’océan Indien, avec des profondeurs importantes permettant la navigation de navires de fort tirant d’eau. Pour les plaisanciers, c’est un refuge sûr en cas de dégradation rapide des conditions météorologiques, et un excellent point de départ pour rayonner vers l’archipel des Quirimbas.
Pemba dispose d’infrastructures portuaires relativement développées pour la région : capitainerie, station-service, chantiers navals et quelques pontons d’accueil pour les yachts. On y trouve également des services de victualling, des agences de douanes et d’immigration, ainsi que des professionnels capables de réaliser des réparations techniques pointues. En pratique, la baie joue un rôle de hub logistique : vous y effectuerez vos formalités d’entrée, vos opérations de maintenance et vos grands ravitaillements avant de vous aventurer plus au nord ou vers les îles isolées de l’archipel.
Wimbi beach : infrastructures marines et services de ravitaillement
Sur la côte de Pemba, Wimbi Beach se distingue par sa longue plage de sable bordée d’hôtels, de centres de plongée et de structures dédiées aux activités nautiques. Pour les plaisanciers, c’est un point de contact privilégié avec les prestataires locaux : location de matériel de plongée, organisation d’excursions vers les récifs voisins, services de guides et parfois même assistance à la navigation côtière. Les mouillages devant la plage offrent des fonds sableux de 4 à 10 mètres, bien tenus, mais relativement ouverts à la houle lorsque le vent tourne au nord.
Wimbi Beach est aussi un bon endroit pour compléter votre avitaillement avant une croisière plus ambitieuse : épiceries, marchés locaux et prestataires capables de organiser des livraisons à bord simplifient la préparation. Vous pourrez y faire le plein de produits frais, de carburant et d’eau, mais aussi collecter des informations de première main sur l’état des passes, les zones de pêche les plus actives ou les mouillages à privilégier selon la saison. En quelque sorte, Wimbi joue le rôle de “salle des cartes à ciel ouvert”, où les échanges avec les marins locaux valent souvent bien plus qu’un simple guide imprimé.
Cabo delgado : navigation vers les zones de pêche hauturière
Au nord de Pemba, la côte de Cabo Delgado s’ouvre sur des zones de pêche hauturière renommées, notamment pour la présence de thons, marlins et espadons dans le canal du Mozambique. De plus en plus de croisiéristes combinent navigation côtière et sorties de pêche au large, en profitant des courants riches en nutriments qui longent le littoral. Cette pratique demande toutefois une préparation rigoureuse : équipements de sécurité adaptés, météo fiable, réserves suffisantes et connaissance des distances réelles entre les points d’abri.
Les mouillages le long de la côte restent relativement peu équipés, mais la plupart offrent des fonds sûrs pour l’ancrage, souvent sur sable entre 5 et 12 mètres. En s’éloignant vers le large, les profondeurs augmentent très rapidement, ce qui réduit les options de repli en cas de changement soudain de temps. C’est pourquoi de nombreux navigateurs choisissent de planifier leurs sorties hauturières en “boucle” d’une journée, en restant toujours à distance raisonnable d’un abri sûr comme Pemba ou certaines anses mieux connues des pêcheurs locaux. Ici plus qu’ailleurs, la prudence et l’anticipation sont vos meilleurs alliés.
Planification technique : cartographie nautique et infrastructure portuaire mozambicaine
La réussite d’une croisière autour du Mozambique repose en grande partie sur une planification technique soignée. La cartographie nautique, qu’elle soit papier ou électronique, n’est pas toujours aussi détaillée que dans les zones de grande plaisance comme la Méditerranée ou les Caraïbes. Certaines cartes datent encore de levés anciens, parfois complétés par des relevés modernes limités aux principaux chenaux commerciaux. En conséquence, il est recommandé de croiser plusieurs sources : cartes officielles, guides nautiques récents, retours d’expérience de skippers locaux et observation directe des fonds grâce au sondeur et à la couleur de l’eau.
Du point de vue des infrastructures portuaires, le Mozambique présente un réseau en développement, avec de grands ports commerciaux (Maputo, Beira, Nacala, Pemba) et une série de petits ports ou marinas privées orientées vers le tourisme nautique. Les services de base – eau, carburant, quelques chantiers pour l’entretien courant – sont généralement disponibles dans les principaux hubs comme Maputo, Vilankulo, Pemba et parfois Inhambane. En revanche, dans les zones plus isolées, vous devrez compter sur votre autonomie : réserve de gasoil suffisante, gestion rigoureuse de l’eau douce, batteries en bon état et pièces de rechange à bord pour les éléments critiques du bord (pompe de cale, pilote automatique, moteur annexe, etc.).
Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’importance des formalités administratives et des réglementations locales. Entre les parcs marins, les zones de pêche protégées et les contrôles douaniers, chaque région possède ses spécificités. Prendre le temps, avant le départ, de se renseigner auprès d’une agence locale ou d’un opérateur de charter vous fera gagner un temps précieux sur place et vous évitera des situations délicates. En préparant votre croisière mozambicaine comme une véritable expédition – avec une logistique pensée, un plan B pour chaque étape et une bonne dose de flexibilité – vous profiterez pleinement de ces meilleurs spots de croisière autour du Mozambique, encore largement préservés de la foule et du tourisme de masse.