L’observation de la faune marine en liberté représente l’une des expériences les plus enrichissantes qu’un voyageur puisse vivre. Les océans du monde abritent une biodiversité extraordinaire, des majestueux cétacés aux mystérieux pinnipèdes, en passant par une multitude d’espèces endémiques adaptées à des environnements extrêmes. Les croisières spécialisées offrent aujourd’hui des opportunités uniques d’approcher ces créatures dans leur habitat naturel, grâce à des technologies avancées et des protocoles d’observation respectueux.

L’industrie des expéditions naturalistes connaît une croissance remarquable, avec une augmentation de 15% des réservations pour les croisières d’observation de la faune marine au cours des trois dernières années. Cette tendance témoigne d’un intérêt croissant pour le tourisme responsable et l’écotourisme scientifique. Les destinations polaires, en particulier, attirent désormais plus de 500 000 visiteurs annuellement, selon les dernières statistiques de l’Association internationale des opérateurs d’expédition antarctique.

Destinations arctiques pour l’observation des mammifères marins polaires

L’Arctique constitue un écosystème unique où la vie marine s’épanouit dans des conditions extrêmes. Les eaux froides de cette région abritent une concentration exceptionnelle de mammifères marins, adaptés aux températures glaciales et aux variations saisonnières drastiques. La banquise arctique joue un rôle crucial dans le cycle de vie de nombreuses espèces, servant à la fois de plateforme de chasse, de zone de reproduction et de refuge.

La période optimale pour l’observation de la faune arctique s’étend généralement de mai à septembre, lorsque les conditions de navigation permettent l’accès aux zones les plus reculées. Durant cette période, la fonte partielle de la banquise crée des chenaux navigables tout en maintenant suffisamment de glace pour supporter les populations de phoques et d’ours polaires. La lumière continue du soleil de minuit offre des conditions d’observation exceptionnelles, permettant des sessions d’observation prolongées.

Croisières au spitzberg pour l’observation des ours polaires et morses

L’archipel du Spitzberg, territoire norvégien situé à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle Nord, représente l’une des destinations les plus prisées pour l’observation des ours polaires. Cette région abrite une population estimée à 3 000 individus, soit la plus forte concentration au monde. Les croisières spécialisées naviguent le long de la côte est, où les conditions de glace restent favorables plus longtemps dans la saison.

Les morses du Spitzberg forment des colonies impressionnantes, particulièrement visibles sur les plages de Moffen et de Torellneset. Ces mammifères marins massifs, pouvant peser jusqu’à 1,5 tonne, offrent un spectacle saisissant lorsqu’ils émergent des eaux glacées. Les populations de morses ont considérablement augmenté ces dernières décennies, passant de quelques centaines d’individus dans les années 1960 à plus de 4 000 aujourd’hui, témoignant du succès des mesures de protection.

Expéditions en mer de beaufort et détroit de lancaster pour les baleines boréales

La mer de Beaufort et le détroit de Lancaster constituent des corridors migratoires essentiels pour les baleines boréales, ces géants des mers arctiques pouvant vivre plus de 200 ans. Ces eaux riches en plancton offrent des conditions d’ali

mentation idéales. Les expéditions naturalistes planifient généralement leur itinéraire entre juillet et début septembre, période durant laquelle les baleines boréales se rassemblent dans ces zones d’alimentation stratégiques. À bord, la présence de biologistes marins permet d’interpréter les comportements observés, comme les plongées longues ou les phases de repos à la surface, souvent appelées « logging ». En raison de l’isolement de ces régions et des conditions météorologiques changeantes, ces croisières restent réservées à des voyageurs prêts à accepter une part d’imprévu, mais la récompense – observer une espèce parmi les plus longévives de la planète – en vaut largement la peine.

Navigation dans le passage du Nord-Ouest pour les narvals et bélugas

Le passage du Nord-Ouest, longtemps considéré comme un mythe pour les explorateurs, est aujourd’hui devenu un véritable couloir pour l’observation de la faune marine arctique. Les eaux côtières peu profondes de l’archipel canadien abritent d’importantes populations de narvals et de bélugas, deux espèces emblématiques et encore méconnues du grand public. Les narvals, parfois surnommés les « licornes des mers » en raison de leur longue défense spiralée, fréquentent surtout les zones proches de la banquise résiduelle, tandis que les bélugas privilégient les estuaires et baies abritées.

Les croisières d’expédition empruntant le passage du Nord-Ouest se déroulent principalement entre août et début octobre, lorsque la glace se retire suffisamment pour permettre la navigation. Les observations se font souvent depuis les ponts extérieurs ou lors de sorties en bateaux pneumatiques, offrant une proximité remarquable avec ces cétacés sociaux. Vous entendrez fréquemment les experts comparer leurs vocalises à un véritable « chœur sous-marin », tant la diversité des sons est grande. Il est important de noter que, dans cette région, les opérateurs responsables respectent des distances d’approche strictes afin de ne pas perturber les groupes familiaux, en particulier pendant les périodes de mise bas.

Croisières au groenland oriental pour les phoques du groenland et barbus

Le Groenland oriental se distingue par ses fjords spectaculaires et ses immenses champs de glace dérivante, offrant un décor saisissant pour l’observation des phoques. Deux espèces y sont particulièrement observées lors des croisières naturalistes : le phoque du Groenland et le phoque barbu. Le premier est connu pour ses migrations impressionnantes entre les zones de mise bas et les aires d’alimentation, tandis que le second, reconnaissable à ses longues moustaches, fréquente davantage les zones de glace côtière et les plateaux peu profonds.

Les croisières spécialisées dans l’observation de la faune marine au Groenland oriental sont généralement programmées entre juin et septembre. Durant cette fenêtre, les voyageurs peuvent assister à des scènes de chasse sur la banquise, où les phoques viennent se reposer ou mettre bas, tout en restant à distance pour limiter les dérangements. Les fjords d’Ittoqqortoormiit et de Scoresby Sund figurent parmi les plus prisés, non seulement pour leur densité de mammifères marins, mais aussi pour les possibilités de combiner observation de la faune et immersion culturelle auprès des communautés locales. Pour les photographes animaliers, la lumière rasante de fin d’été crée des conditions idéales, transformant chaque apparition de phoque en véritable tableau vivant.

Circuits antarctiques spécialisés dans la mégafaune marine australe

À l’opposé de l’Arctique, l’Antarctique abrite un autre monde de mégafaune marine, dominé par les baleines, phoques et manchots. Les circuits de croisières d’expédition en Antarctique se concentrent sur la saison australe, de novembre à mars, lorsque la banquise recule et ouvre l’accès aux zones côtières. Les eaux riches en krill, véritable or rouge des mers australes, attirent une concentration spectaculaire de cétacés en quête de nourriture.

Les itinéraires sont souvent conçus pour maximiser les chances d’observation de plusieurs espèces au cours d’un même voyage : baleines à bosse en alimentation, orques en chasse coordonnée, éléphants de mer en mue ou en reproduction. Vous vous demandez comment choisir votre croisière en Antarctique en fonction de la faune à observer ? Le choix de la période (début ou fin de saison), du type de navire et du niveau d’activité à bord (nombre de sorties en zodiac, possibilités de kayak, randonnées sur la glace) joue un rôle clé. Les opérateurs les plus expérimentés ajustent leurs routes en temps réel, en fonction des rapports d’observation et des conditions de glace, afin de multiplier les rencontres.

Péninsule antarctique pour les baleines à bosse et orques de type B

La péninsule antarctique est l’itinéraire le plus populaire pour une première croisière de découverte de la faune marine australe. Les eaux qui bordent cette langue de terre glacée concentrent durant l’été austral d’importants bancs de krill, attirant en nombre les baleines à bosse. Celles-ci se livrent fréquemment à des comportements spectaculaires, comme les sauts (breaching) et les claquements de nageoires, offrant des opportunités photographiques uniques. Entre janvier et mars, la densité de baleines à bosse atteint son maximum, faisant de cette période un moment privilégié pour les passionnés de cétacés.

Les orques de type B, parfois appelées orques « pack ice », sont également régulièrement observées le long de la péninsule. Spécialisées dans la chasse aux phoques et aux manchots, elles se déplacent en groupes soudés et font preuve d’une coordination remarquable. Les croisières d’expédition qui se rendent sur la péninsule antarctique proposent souvent des sorties en petite embarcation pour approcher les zones de banquise fracturée, là où les orques patrouillent à la recherche de proies. L’encadrement par des guides expérimentés garantit le respect des distances d’observation et des vitesses de navigation, afin de ne pas perturber ces prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire.

Îles subantarctiques pour les éléphants de mer et léopards des mers

Les îles Subantarctiques, comme les îles de la Géorgie du Sud, les îles Kerguelen ou encore Macquarie, sont de véritables sanctuaires pour la mégafaune marine. Les éléphants de mer y forment d’immenses colonies sur les plages, notamment durant la période de reproduction et de mue, entre septembre et novembre. Les mâles adultes, pouvant dépasser 4 tonnes, se livrent à des combats impressionnants pour le contrôle des harems, offrant un spectacle saisissant aux voyageurs qui débarquent en zodiac sur les sites autorisés.

Le léopard des mers, quant à lui, est l’un des prédateurs les plus redoutés des eaux australes. Reconnaissable à sa silhouette fuselée et à son pelage tacheté, il fréquente les zones de banquise et les abords des colonies de manchots, dont il fait souvent sa proie. Les croisières subantarctiques prévoient généralement des sorties encadrées au plus près des plages, mais toujours dans le respect de distances de sécurité, tant pour le bien-être des animaux que pour celui des voyageurs. Ces régions étant particulièrement isolées, la plupart des circuits sont opérés par des compagnies d’expédition disposant de navires renforcés pour la glace et d’équipes scientifiques spécialisées en écologie antarctique.

Mer de ross pour les baleines de minke antarctiques et phoques de weddell

La mer de Ross, située au cœur de l’Antarctique, reste l’une des régions les plus préservées de la planète. Classée aire marine protégée, elle accueille une faune abondante et relativement peu habituée à la présence humaine. Les baleines de Minke antarctiques y sont fréquemment observées, notamment lors des sorties en zodiac le long de la banquise. Leur curiosité naturelle les pousse parfois à s’approcher des petites embarcations, offrant des rencontres inoubliables dans un silence quasi total, uniquement troublé par le bruit de leur souffle.

Les phoques de Weddell, parfaitement adaptés au froid extrême, sont également emblématiques de cette région. Ils creusent des trous de respiration dans la glace, qu’ils entretiennent tout au long de l’hiver, et se reposent souvent à proximité de ces ouvertures. Les itinéraires vers la mer de Ross sont parmi les plus longs et logistiques les plus complexes, avec des départs principalement depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie. Ils s’adressent donc à des voyageurs prêts à s’engager sur plusieurs semaines de navigation, mais qui souhaitent vivre une expérience d’observation de la faune marine antarctique quasiment intacte.

Géorgie du sud pour les otaries à fourrure antarctiques

La Géorgie du Sud est souvent décrite comme « le Serengeti de l’Atlantique Sud » en raison de la densité incroyable de faune sauvage qui peuple ses côtes. Parmi les espèces les plus abondantes figurent les otaries à fourrure antarctiques, dont la population a explosé depuis la fin de la chasse commerciale. On estime aujourd’hui à plusieurs millions le nombre d’individus se reproduisant sur les plages de l’île, transformant certains sites en véritables fourmilières de mammifères marins.

Les croisières qui font escale en Géorgie du Sud prévoient plusieurs débarquements sur des plages emblématiques telles que Salisbury Plain ou St Andrews Bay, où cohabitent manchots royaux, éléphants de mer et otaries à fourrure. La gestion des flux de visiteurs y est particulièrement stricte, afin de limiter l’impact sur les colonies en période sensible. Les guides naturalistes insistent sur l’importance de respecter les distances minimales et de suivre les sentiers balisés, car les otaries à fourrure peuvent se montrer territoriales, surtout en présence de jeunes. Pour les amateurs de faune marine en liberté, peu de lieux au monde offrent une telle concentration d’espèces en un seul regard.

Technologies d’observation embarquées et équipements hydroacoustiques

Les croisières d’observation de la faune marine ont profondément évolué ces dernières années grâce à l’intégration de technologies avancées à bord des navires. Là où l’on se fiait autrefois uniquement aux jumelles et à l’œil expérimenté des guides, on dispose aujourd’hui de véritables laboratoires flottants. Les systèmes sonar, les hydrophones, les caméras sous-marines et les drones aquatiques permettent d’explorer les écosystèmes marins en trois dimensions, de la surface jusqu’aux grandes profondeurs.

Pour le voyageur, cela se traduit par une expérience d’observation plus riche et plus pédagogique. Vous n’assistez plus seulement au passage d’une baleine ou d’un groupe de dauphins : vous comprenez aussi ce qui se joue sous la surface, comme les mouvements de bancs de poissons ou les interactions acoustiques entre individus. Ces outils, lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre de protocoles responsables, offrent également des données précieuses pour la recherche scientifique, renforçant la dimension de « tourisme citoyen » de ces croisières naturalistes.

Systèmes sonar multifaisceaux pour la détection de bancs de poissons

Les systèmes sonar multifaisceaux embarqués sur les navires d’expédition fonctionnent un peu comme un scanner médical, mais appliqué à la colonne d’eau. En envoyant plusieurs faisceaux sonores simultanés vers le fond, ils permettent de cartographier en temps réel la topographie sous-marine et la répartition des bancs de poissons. Pour l’observation de la faune marine, cet outil est particulièrement précieux, car il révèle où se concentre la ressource alimentaire et, par conséquent, où l’on a le plus de chances de croiser des prédateurs comme les baleines ou les thons.

Sur certains navires, les images sonar sont projetées dans les salons d’observation, permettant aux passagers de visualiser les bancs de poissons comme des nuages colorés en mouvement. Les biologistes marins expliquent alors comment les baleines à bosse ou les rorquals communs exploitent ces concentrations pour optimiser leur alimentation. Bien sûr, l’utilisation du sonar est encadrée pour limiter les impacts potentiels sur la faune sensible au bruit sous-marin. Les compagnies spécialisées adoptent des puissances modérées et évitent les émissions en continu, privilégiant des scans ponctuels ciblés.

Hydrophones submersibles pour l’écoute des vocalises de cétacés

Les hydrophones submersibles sont devenus un incontournable des croisières d’observation des baleines et dauphins. Reliés au navire par un câble, ils captent les sons sous-marins – chants de baleines à bosse, cliquetis des cachalots, sifflements des dauphins – que l’on peut ensuite écouter en direct dans les espaces communs. Imaginez un instant la mer comme une vaste salle de concert invisible : les hydrophones en sont le micro, révélant une dimension sonore que vous n’auriez jamais soupçonnée.

Au-delà du simple émerveillement, l’écoute des vocalises de cétacés permet aussi de repérer des groupes avant même de les voir à la surface. Certains programmes d’expédition participent à des projets de science participative en enregistrant ces sons, qui sont ensuite analysés par des laboratoires de bioacoustique. Les passagers peuvent ainsi contribuer indirectement à l’étude des dialectes régionaux chez les orques ou des variations de chants chez les baleines à bosse. Des protocoles stricts sont respectés : l’hydrophone reste passif et n’émet aucun signal, ce qui garantit une approche non intrusive de la faune.

Caméras sous-marines ROV pour l’observation de la faune benthique

Les ROV (Remotely Operated Vehicles) sont de petits robots sous-marins télécommandés depuis le navire, capables de descendre à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Équipés de caméras haute définition et de projecteurs, ils ouvrent une fenêtre sur le monde benthique, là où vivent coraux d’eau froide, éponges géantes, crustacés et poissons de profondeur. Pour les croisiéristes, c’est un peu comme si l’on emportait un mini-sous-marin scientifique à bord, sans les contraintes d’un engin habité.

Les images captées par les ROV sont souvent retransmises en direct dans un salon dédié, où un biologiste commente ce qui apparaît à l’écran. Vous découvrez alors des paysages sous-marins insoupçonnés, parfois à quelques milles seulement des côtes visitées en surface. Cette technologie permet aussi de documenter des habitats fragiles, comme les jardins de coraux d’eau froide, et d’identifier les impacts éventuels des activités humaines. Les opérateurs responsables veillent cependant à limiter le temps de déploiement et à éviter tout contact physique avec le fond marin, afin de ne pas endommager ces écosystèmes sensibles.

Drones aquatiques pour le suivi comportemental des pinnipèdes

Les drones aquatiques, parfois appelés gliders ou véhicules de surface autonomes, représentent une nouvelle génération d’outils pour l’observation discrète des pinnipèdes et d’autres mammifères marins. Ces engins, qui ressemblent à de petites embarcations robotisées, se déplacent silencieusement à la surface ou en subsurface, équipés de caméras et de capteurs environnementaux. Ils peuvent, par exemple, suivre à distance une colonie de phoques ou d’otaries en mer, sans la présence visuelle ni sonore d’un navire à proximité.

Pour les passagers, les données et images récoltées par ces drones sont souvent partagées à bord sous forme de cartes interactives ou de vidéos. C’est un peu comme si l’on observait la faune « à travers les yeux » d’un compagnon de voyage discret, capable d’aller là où les bateaux ne peuvent pas s’aventurer. Sur le plan scientifique, ces dispositifs offrent des informations précieuses sur les itinéraires de chasse, les plongées ou encore les zones de repos en mer. Là encore, les compagnies engagées dans une démarche responsable s’assurent que les protocoles d’utilisation respectent les recommandations des autorités de conservation et des comités d’éthique.

Corridors migratoires optimaux selon les cycles biologiques marins

Comprendre les grandes routes migratoires marines est essentiel pour choisir la meilleure croisière d’observation de la faune. Tout comme les couloirs aériens structurent le trafic des avions, certains corridors océaniques concentrent les déplacements saisonniers des baleines, dauphins et autres grands migrateurs. Ces itinéraires suivent souvent les variations de température, de salinité et surtout la disponibilité de nourriture, en particulier le plancton et les petits poissons pélagiques.

Les croisières naturalistes les plus abouties sont conçues en fonction de ces cycles biologiques, afin d’offrir des chances maximales de rencontres avec la faune marine en liberté. En vous plaçant au bon endroit, au bon moment de l’année, vous augmentez considérablement vos probabilités d’observation, tout en limitant les dérives vers une forme de « chasse photographique » déconnectée de la réalité écologique. Les itinéraires présentés ci-dessous figurent parmi les plus réputés au monde pour observer les mammifères marins au fil de leurs migrations annuelles.

Route migratoire des baleines grises le long de la côte pacifique nord-américaine

Les baleines grises effectuent l’une des plus longues migrations connues chez les mammifères, parcourant jusqu’à 16 000 kilomètres entre leurs aires de reproduction et leurs zones d’alimentation. Chaque année, elles quittent les lagunes chaudes de Basse-Californie, au Mexique, pour rejoindre les eaux riches de l’Alaska et de la mer de Béring. Ce trajet longe la côte pacifique nord-américaine et constitue un axe privilégié pour les croisières d’observation des baleines.

De décembre à avril, les lagunes de San Ignacio et Magdalena sont réputées pour les interactions respectueuses entre baleines grises et bateaux d’observation, opérés selon des règles très strictes. Plus au nord, au large de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington, on peut observer la migration de retour vers le nord au printemps. Les croisières côtières et expéditions plus longues combinent souvent observation en mer et visites de centres d’interprétation de la faune, permettant de mieux comprendre les enjeux de conservation de cette espèce, autrefois chassée presque jusqu’à l’extinction.

Sanctuaire de stellwagen bank pour les rorquals communs en période d’alimentation

Situé au large de Boston, le sanctuaire marin de Stellwagen Bank est l’une des zones d’alimentation les plus importantes de l’Atlantique Nord pour plusieurs espèces de rorquals. La topographie particulière de ce plateau sous-marin favorise les remontées d’eaux froides riches en nutriments, attirant de grandes quantités de poissons fourrage et de plancton. De mai à octobre, cette concentration de nourriture attire baleines à bosse, rorquals communs et petits rorquals, faisant de cette région un haut lieu du whale watching responsable.

De nombreuses croisières à la journée partent des ports de Boston, Gloucester et Provincetown, avec des taux de réussite d’observation souvent supérieurs à 90 % en haute saison. Les opérateurs agréés travaillent en étroite collaboration avec les autorités du sanctuaire et les équipes de recherche, partageant leurs données d’observation pour améliorer la connaissance des populations locales. Pour les voyageurs qui souhaitent vivre une première expérience d’observation de la faune marine sans s’engager sur une longue expédition, Stellwagen Bank représente une option idéale, combinant accessibilité, richesse faunistique et encadrement scientifique.

Détroit de gibraltar pour l’observation des orques résidentes et migratrices

Le détroit de Gibraltar, point de jonction entre Atlantique et Méditerranée, joue un rôle de véritable goulot d’étranglement pour de nombreuses espèces marines. On y observe à la fois des populations résidentes de dauphins et de globicéphales, ainsi que des orques qui viennent chasser les thons rouges pendant leur migration. Cette configuration en fait l’un des rares endroits au monde où l’on peut, sur une même croisière, observer plusieurs espèces de cétacés dans un espace relativement restreint.

Les croisières d’observation de la faune marine dans le détroit se déroulent surtout de mai à septembre, avec un pic d’activité des orques en été, lorsque les thons rouges franchissent le passage. Les opérateurs engagés dans une démarche durable respectent des codes de conduite précis, notamment des vitesses réduites et des distances d’approche minimales. En parallèle, plusieurs programmes de science participative invitent les passagers à noter leurs observations et à participer à l’identification photo des individus, contribuant ainsi au suivi des populations locales d’orques et de dauphins.

Canal de beagle pour les dauphins de commerson et lions de mer sud-américains

Aux confins de l’Amérique du Sud, le canal de Beagle, entre l’Argentine et le Chili, offre un cadre spectaculaire pour l’observation de la faune marine australe. Ses eaux abritent notamment le dauphin de Commerson, reconnaissable à sa robe noire et blanche très contrastée, ainsi que d’importantes colonies de lions de mer sud-américains. Les croisières qui partent d’Ushuaia combinent souvent navigation dans le canal, haltes sur des îlots pour l’observation d’oiseaux marins et, pour certaines, prolongation vers la péninsule antarctique.

La meilleure période pour observer la faune marine dans le canal de Beagle s’étend de novembre à mars, pendant l’été austral. Les sorties se font généralement à la demi-journée ou à la journée, ce qui en fait une excursion idéale avant ou après une grande croisière d’expédition. Les dauphins de Commerson, particulièrement joueurs, aiment parfois surfer dans l’étrave des bateaux, offrant des moments de pure magie à quelques mètres seulement des passagers. Là encore, le respect de la faune prime : les capitaines sont formés à adapter leur trajectoire et leur vitesse pour minimiser le dérangement, tout en permettant une observation prolongée.

Protocoles d’observation respectueux de l’éthologie marine

Observer la faune marine en liberté implique une responsabilité éthique forte. Chaque approche de baleine, de dauphin ou de phoque peut avoir un impact sur son comportement, en particulier dans les aires de reproduction, de mise bas ou d’alimentation. C’est pourquoi les croisières naturalistes sérieuses s’appuient sur des protocoles stricts, fondés sur l’éthologie marine et les recommandations d’organismes internationaux comme l’UICN ou l’Organisation maritime internationale.

Ces protocoles couvrent plusieurs aspects : distance minimale d’approche, limitation du nombre de bateaux autour d’un même groupe, gestion du bruit sous-marin, durée maximale d’observation, ou encore règles de conduite pour les passagers (absence de nourrissage, pas de nage avec les animaux dans les zones sensibles, etc.). En respectant ces règles, vous participez à une forme de tourisme d’observation qui cherche à concilier émerveillement et préservation. Après tout, la plus belle rencontre avec la faune marine est celle qui n’altère en rien le comportement des animaux observés, n’est-ce pas ?

Compagnies spécialisées en expéditions naturalistes certifiées

Le choix de la compagnie de croisière est un facteur déterminant pour vivre une expérience d’observation de la faune marine à la fois riche et responsable. Certaines entreprises se sont spécialisées dans les expéditions naturalistes, avec des navires de petite à moyenne capacité, un encadrement scientifique à bord et un engagement fort en matière de conservation. Elles adhèrent à des chartes internationales, comme le label High Quality Whale Watching® en Méditerranée ou les directives de l’IAATO et de l’AECO pour les régions polaires.

Avant de réserver, il est recommandé de vérifier plusieurs éléments : taille du navire, ratio guides/passagers, formation naturaliste de l’équipe, partenariats avec des ONG ou instituts de recherche, participation à des programmes de science participative. Les compagnies les plus engagées communiquent de manière transparente sur leurs pratiques : gestion des déchets, réduction des émissions, carburants alternatifs, soutien à des projets de conservation. En choisissant ces opérateurs, vous faites plus qu’acheter une croisière d’observation de la faune marine ; vous contribuez à un modèle de tourisme qui cherche à préserver les écosystèmes que vous venez admirer.