L’archipel des îles Similan, joyau de la mer d’Andaman, suscite depuis des décennies un engouement international auprès de la communauté des plongeurs. Situées à environ 70 kilomètres au large de Khao Lak, ces neuf îles granitiques promettent des rencontres exceptionnelles avec les requins-baleines et une biodiversité marine remarquable. Pourtant, derrière cette réputation mondiale se cache une réalité plus nuancée. Entre fermetures saisonnières strictes, réglementation environnementale renforcée et affluence touristique croissante, les îles Similan méritent-elles réellement leur statut de destination mythique ? Cette analyse technique approfondie examine les caractéristiques géologiques, la richesse ichtyologique et les conditions de plongée de cet archipel protégé pour déterminer si sa renommée correspond à la réalité du terrain.

Géographie et écosystème marin des îles similan : caractéristiques techniques des sites de plongée

L’archipel des Similan se compose de neuf îles principales numérotées de 1 à 9, auxquelles s’ajoutent Koh Bon et Koh Tachai, formant un ensemble géologique unique dans la mer d’Andaman. Ces formations granitiques émergent d’un plateau continental situé entre 15 et 40 mètres de profondeur, créant des conditions particulières pour le développement des récifs coralliens et l’établissement d’écosystèmes marins complexes.

Bathymétrie et topographie sous-marine autour de koh similan et koh bon

La bathymétrie des îles Similan révèle une topographie sous-marine particulièrement variée, caractérisée par des tombants abrupts, des plateaux rocheux et des formations granitiques spectaculaires. Autour de Koh Similan (île n°8), la profondeur varie de 5 mètres sur les récifs frangeants à plus de 35 mètres sur les sites comme Elephant Head Rock. Les formations rocheuses créent des canyons naturels, des arches et des swim-through qui constituent autant de microhabitats pour la faune marine.

Koh Bon présente une morphologie sous-marine distincte avec ses parois calcaires verticales et ses cleaning stations naturelles. Le site de West Ridge descend progressivement de 12 à 30 mètres, offrant des conditions idéales pour l’observation des raies manta. Cette configuration bathymétrique particulière génère des upwellings riches en nutriments, attirant naturellement la mégafaune pélagique.

Biodiversité ichtyologique : raies manta, requins-baleines et poissons endémiques

La richesse ichtyologique des îles Similan s’explique par la convergence de plusieurs facteurs écologiques favorables. Les eaux de l’archipel abritent plus de 500 espèces de poissons tropicaux, incluant 39 espèces de requins et raies. Les observations de requins-baleines (Rhincodon typus) atteignent leur pic statistique entre février et avril, avec un taux de rencontre de 15 à 20% selon les données du parc national marin.

Les raies manta (Mobula birostris) fréquentent régulièrement les stations de nettoyage de Koh Bon et Koh Tachai, particulièrement durant la période de plancton abondant. Les études menées par l’Institut de recherche marine thaïlandais recensent une population résidente d’environ 300 individus identifiés par photo-identification. Cette concentration except

ionnelle de raies manta dans la zone, ce qui confirme le rôle des îles Similan comme corridor migratoire majeur dans la mer d’Andaman. À ces grandes espèces emblématiques s’ajoutent une multitude de poissons de récif : balistes, poissons-anges empereurs, idoles mauresques, carangues géantes ou encore bancs compacts de vivaneaux à raies bleues. Plusieurs espèces à distribution restreinte dans l’est de l’océan Indien, comme certains gobies et labres, font des îles Similan un terrain d’étude privilégié pour les ichtyologues.

Pour le plongeur loisir, cette biodiversité se traduit concrètement par une forte probabilité d’interactions successives avec de la mégafaune pélagique, des bancs de poissons en chasse et une riche vie macro dans un même profil de plongée. C’est précisément cette combinaison, plus que la seule présence de requins-baleines, qui explique la réputation de “paradis pour les plongeurs” associée aux Similan.

Formations coralliennes : récifs frangeants, tombants et pinacles rocheux

Les îles Similan présentent un double visage corallien assez rare à l’échelle de la Thaïlande. Côté est, on trouve principalement des récifs frangeants à dominante de coraux durs (Acropora, Porites, Montipora) en pentes douces de 5 à 20 mètres. Ces zones, comme Anita’s Reef ou East of Eden, offrent des paysages de “jardins de corail” idéaux pour les plongées peu profondes et le snorkeling, avec une excellente luminosité et une grande diversité de poissons de récif.

Côté ouest, la topographie est dominée par d’énormes blocs de granit formant des pinacles, tombants et canyons. Des sites comme Elephant Head Rock, Deep Six ou North Point sont typiques de cette architecture minérale spectaculaire, où les coraux mous, gorgones géantes et crinoïdes colonisent les faces exposées au courant. Ces formations rocheuses créent des zones d’ombre, des cavités et des swim-through qui servent de refuges à de nombreuses espèces cryptiques.

À Koh Bon et Koh Tachai, les récifs présentent une transition entre ces deux modèles : plateaux de coraux durs sur les zones sommitales, tombants recouverts de coraux mous sur les pentes exposées au courant. Les pinacles isolés, comme Koh Tachai Pinnacle, agissent comme des “stations-service” dans le bleu où viennent se nourrir ou se faire nettoyer les grands pélagiques. Pour vous, plongeur, cela signifie qu’une même croisière dans les îles Similan permet de varier fortement les ambiances sous-marines sans changer de région.

Courants marins et thermoclines : impact sur la visibilité et la faune pélagique

Les courants dans la région des Similan sont principalement influencés par les moussons saisonnières et la topographie du plateau continental. En saison sèche (novembre–avril), les courants de surface sont modérés, variant en général de 0,5 à 1,5 nœud, avec des accélérations ponctuelles sur les pinacles exposés comme Koh Tachai ou Elephant Head Rock. Ces flux réguliers acheminent les nutriments nécessaires au développement du plancton et, par ricochet, attirent la faune pélagique.

Les thermoclines – ces couches d’eau plus froide que l’on traverse parfois brutalement – se rencontrent fréquemment entre 18 et 25 mètres, surtout en début de saison (octobre–décembre). Les plongeurs rapportent des chutes de température de 28 °C à 22–23 °C en quelques secondes, accompagnées d’une baisse temporaire de visibilité. Si ces thermoclines peuvent surprendre, elles jouent un rôle important : elles concentrent les nutriments et créent des “niveaux” où se rassemblent carangues, barracudas et raies manta.

En termes de visibilité, on observe généralement 20 à 30 mètres dans l’archipel des Similan entre janvier et avril, avec des conditions parfois exceptionnelles à plus de 35 mètres sur les sites abrités. Les jours de forte activité planctonique, la visibilité peut diminuer, mais la probabilité de rencontrer des requins-baleines et raies manta augmente. C’est ce compromis permanent entre clarté de l’eau et richesse de la faune pélagique qui explique que tous les plongeurs ne vivent pas la même expérience : certains privilégient la “carte postale” à 30 m de visi, d’autres recherchent avant tout la densité de vie, même dans une eau plus laiteuse.

Analyse comparative des sites de plongée emblématiques : richelieu rock vs elephant head rock

Pour évaluer objectivement si la plongée aux îles Similan est à la hauteur de sa réputation, il est indispensable de comparer ses sites phares à d’autres références régionales. Deux noms reviennent systématiquement dans les discussions entre plongeurs : Richelieu Rock, souvent présenté comme le meilleur site de plongée de Thaïlande, et Elephant Head Rock, emblème de la topographie granitique des Similan. Bien que Richelieu Rock appartienne administrativement au parc marin des îles Surin, il est presque toujours inclus dans les itinéraires de croisière “Similan”, ce qui justifie pleinement cette comparaison.

Richelieu rock : macro-photographie et concentration de nudibranches

Richelieu Rock est un pinacle isolé qui émerge d’un fond d’environ 35 mètres pour affleurer quasiment la surface à marée basse. Sa position en pleine mer, combinée à sa structure circulaire, crée un véritable “aspirateur à nutriments” où convergent les courants. Résultat : une densité de vie exceptionnelle sur une surface relativement réduite, idéale pour la photographie sous-marine avancée.

Sur le plan macro, Richelieu Rock est sans doute ce que la Thaïlande offre de plus riche. Entre 15 et 25 mètres, les coraux mous violets et rouges servent de toile de fond à une multitude de nudibranches (Glossodoris, Chromodoris, Pteraeolidia), crevettes arlequin, crabes porcelaines et hippocampes-tigres. Les photographes peuvent passer une plongée entière sur quelques mètres carrés de paroi, tant les sujets sont nombreux. La configuration circulaire du pinacle permet aussi de moduler l’exposition au courant : vous pouvez rester dans la zone abritée pour travailler vos prises de vue, puis basculer côté exposé pour observer les bancs de carangues en chasse.

Les statistiques d’observation de requins-baleines à Richelieu Rock, bien que fluctuantes selon les années, restent parmi les plus élevées de la région (période optimale : février–avril). Cependant, il serait réducteur de limiter l’intérêt du site à ces rencontres emblématiques. Même sans requin-baleine, la densité de vie – des fusiliers tourbillonnant aux seiches en parade nuptiale – fait de chaque plongée une expérience immersive rare. Si votre priorité est la macro-photographie et la concentration de sujets sur un seul site, Richelieu Rock surpasse clairement la majorité des sites des îles Similan.

Elephant head rock : plongée dérivante et rencontres avec la mégafaune

Elephant Head Rock, situé au sud-ouest de Koh Similan, doit son nom au rocher émergent qui évoque la tête d’un éléphant. Sous la surface, le site se compose d’énormes blocs de granit empilés entre 10 et 40 mètres, formant des canyons, des arches et des tunnels naturels. Cette topographie complexe canalise les courants et en fait l’un des sites les plus dynamiques des Similan pour la plongée dérivante.

En conditions optimales, les plongées à Elephant Head Rock se déroulent souvent en drift le long des pentes exposées, avec des incursions dans les canyons abrités. Les carangues géantes, thons à dents de chien et barracudas profitent des zones de ressac pour chasser les bancs de fusiliers. Les requins pointes blanches de récif patrouillent régulièrement autour des blocs, tandis que les tortues imbriquées viennent brouter les éponges sur les parois moins exposées. Pour le plongeur expérimenté, c’est un terrain de jeu qui combine sensations de “montagne russe sous-marine” et observation de mégafaune.

La contrepartie de cette richesse est une exigence technique plus élevée : profondeur souvent supérieure à 25 mètres, changement de direction du courant, risque de décompression rapide si l’on s’attarde trop longtemps dans les zones profondes. Elephant Head Rock n’est clairement pas un site d’initiation, mais pour un plongeur Advanced à l’aise dans le courant, il représente l’essence même de la plongée “Similan style” : granit monumental, eau bleue saturée de vie, et cette impression de survoler une cathédrale minérale.

Koh tachai pinnacle : plongée technique et observations de requins-baleines

Koh Tachai Pinnacle, parfois appelé The Dome, est un pinacle sous-marin situé au nord des Similan, exposé en pleine mer. Le sommet du pinacle se trouve autour de 12–15 mètres, puis la structure descend en gradins rocheux jusqu’à plus de 35 mètres. Les courants y sont souvent plus forts que dans le reste de l’archipel, avec des accélérations soudaines et des changements de direction, ce qui en fait un site plus technique, réservé aux plongeurs expérimentés.

Sur le plan biologique, Koh Tachai Pinnacle se distingue par ses grands bancs de carangues, de thons et de barracudas qui tournent en permanence autour de la structure. C’est aussi l’un des sites de prédilection pour les observations de raies manta, qui utilisent les parties supérieures du pinacle comme station de nettoyage. Les requins-baleines, bien que moins fréquents qu’à Richelieu Rock, sont régulièrement observés lors des passages de plancton dense.

Pour profiter pleinement de Koh Tachai Pinnacle, il est recommandé d’avoir une bonne maîtrise de la flottabilité et de la plongée en courant, ainsi qu’une réserve d’air confortable. Beaucoup de plongeurs comparent ce site à un “carrefour autoroutier” sous-marin : tout y passe, rapidement et parfois de manière imprévisible. C’est précisément cette dimension “live” qui en fait, pour certains, le site le plus marquant d’un séjour aux Similan, à condition d’accepter une part d’imprévu et de renoncer parfois si les conditions sont jugées trop limites par le guide.

Christmas point : plongée de nuit et bioluminescence marine

Christmas Point, situé au nord-ouest de Koh Bangu (île n°9), est connu de jour pour ses arches et ses formations rocheuses spectaculaires. Mais c’est en plongée de nuit que le site révèle une facette moins médiatisée des îles Similan : la bioluminescence. À partir de 8–10 mètres de profondeur, lorsque l’on coupe les lampes, le plancton bioluminescent s’illumine au moindre mouvement, créant l’impression de nager dans un ciel étoilé inversé.

Sur le plan faunistique, les plongées nocturnes à Christmas Point permettent d’observer une autre composante de la biodiversité des Similan : poulpes en chasse, crustacés (crevettes nettoyeuses, langoustes) sortant de leurs refuges, rascasses volantes et murènes en maraude. Les nudibranches, déjà nombreux le jour, deviennent plus faciles à repérer lorsque votre faisceau les isole du décor. Cette dimension “macro + bioluminescence” fait de Christmas Point un site particulièrement recherché par les photographes amateurs de prises de vue créatives.

Techniquement, la plongée de nuit implique un encadrement plus strict : respect des procédures de mise à l’eau, gestion de la navigation autour des arches, communication à la lampe. Si vous n’avez jamais expérimenté la bioluminescence, Christmas Point offre une introduction spectaculaire à ce phénomène, sans exiger de profondeur importante ni de courant excessif. C’est souvent cette plongée qui fait basculer certains visiteurs de l’idée d’un “mythe surfait” à celle d’un archipel réellement unique.

Conditions de plongée saisonnières et accessibilité maritime depuis khao lak

Les îles Similan suivent un cycle d’ouverture et de fermeture très strict, dicté à la fois par la mousson et par des impératifs de préservation de l’écosystème. Le parc national marin est officiellement ouvert à la plongée du 15 octobre au 15 mai, avec des variations mineures possibles d’une année à l’autre. En dehors de ces dates, l’accès est purement et simplement fermé, autant pour les croisières que pour les excursions à la journée.

De novembre à janvier, les conditions sont généralement stables, mais la mer peut encore être légèrement agitée et la température de l’eau parfois fraîche en profondeur (21–24 °C dans les thermoclines). La haute saison “plongée idéale” s’étend de février à avril : mer plus calme, visibilité améliorée (souvent 25–30 mètres) et pic statistique des rencontres avec requins-baleines et raies manta. Avril peut toutefois voir apparaître des épisodes de chaleur marquée et parfois des premiers signes de stress thermique sur certains coraux superficiels.

L’accessibilité depuis Khao Lak est l’un des grands atouts pratiques des îles Similan. Le port de départ principal, Thap Lamu Pier, se situe à environ 20–30 minutes de route de la plupart des hébergements de Khao Lak, puis à 60–90 minutes de speedboat des premiers sites de l’archipel. Les croisières liveaboard partent généralement en fin d’après-midi ou en soirée, ce qui vous permet d’arriver le jour même depuis Phuket ou même Bangkok (vol + transfert routier). Pour les excursions journalières, il faut compter un réveil très matinal et un retour en fin d’après-midi, avec deux à trois plongées selon les opérateurs.

En termes de logistique, cette proximité avec le continent réduit les temps de transit par rapport à d’autres grandes destinations asiatiques (comme les atolls éloignés des Maldives ou certains sites d’Indonésie). Pour vous, cela signifie davantage de temps effectif sous l’eau pour une durée totale de séjour similaire. En revanche, cette facilité d’accès explique aussi la fréquentation importante en haute saison, ce qui oblige à réserver plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance pour les croisières les plus demandées.

Infrastructure touristique et impact environnemental : croisières liveaboard vs excursions journalières

La question de savoir si les îles Similan sont un paradis préservé ou un mythe surfait dépend étroitement de la manière dont vous choisissez d’y plonger. Deux modèles coexistent : les croisières liveaboard de 3 à 7 jours et les excursions journalières en speedboat depuis Khao Lak ou Phuket. Chacun présente des avantages, des limites et un impact environnemental spécifique.

Les croisières liveaboard offrent une immersion continue : 3 à 4 plongées par jour, dont des plongées de nuit, accès aux sites les plus éloignés (Koh Bon, Koh Tachai, Richelieu Rock), et possibilité de plonger aux heures creuses, lorsque les bateaux de jour sont repartis. Sur le plan écologique, un bateau de croisière bien géré regroupe un nombre fixe de plongeurs pendant plusieurs jours, ce qui limite les allers-retours rapides en speedboat et répartit mieux la pression sur les sites. En contrepartie, la gestion des eaux grises, des déchets et du carburant doit être exemplaire pour que le bilan reste positif.

Les excursions journalières, très populaires auprès des plongeurs occasionnels et des snorkelers, concentrent un flux important de visiteurs sur quelques heures autour de la mi-journée. Les autorités ont instauré un quota strict de permis journaliers (environ 3 300 visiteurs par jour pour l’ensemble du parc) et interdit les plastiques à usage unique pour limiter l’impact. Néanmoins, la multiplication des speedboats génère un trafic maritime dense, du bruit sous-marin et un risque accru de collisions avec la faune (notamment les tortues en surface).

Du point de vue de l’expérience de plongée, les liveaboard permettent en général d’éviter les heures de pointe, d’accéder à des sites plus variés et de profiter d’un rythme de plongée plus serein. Les excursions journalières restent toutefois une option raisonnable si vous disposez de peu de temps ou si vous souhaitez limiter votre budget, à condition de choisir des opérateurs engagés dans une démarche écoresponsable (briefings sur la protection des coraux, limitation du nombre de plongeurs par guide, respect des règles du parc).

Les autorités thaïlandaises ont clairement fait le choix de la régulation plutôt que du tourisme de masse : fermeture annuelle prolongée, interdiction de passer la nuit sur les îles, plafonnement du nombre de visiteurs et contrôles réguliers via les rangers du parc. Pour vous, plongeur, cela implique quelques contraintes (réservations anticipées, contrôle des papiers, frais de parc marin), mais c’est aussi ce qui permet aux Similan de rester, jusqu’à présent, en bien meilleur état que d’autres archipels soumis à une pression touristique moins encadrée.

Comparaison technique avec les archipels concurrents : koh phi phi, koh tao et andaman sud

Pour juger si les îles Similan sont “surfaites”, il est utile de les comparer à d’autres destinations majeures de plongée en Thaïlande : Koh Phi Phi, Koh Tao et l’Andaman Sud (Hin Daeng / Hin Muang, Koh Lipe, parc de Tarutao). Chacune de ces régions possède ses atouts et ses limites en termes de visibilité, de biodiversité et de difficulté technique. Où se situent réellement les Similan dans ce paysage ?

Analyse de la visibilité underwater : moyennes saisonnières et variations météorologiques

En moyenne, la visibilité dans les îles Similan se situe entre 20 et 30 mètres en saison sèche, avec des pics au-dessus de 30 mètres sur les sites les plus abrités comme Three Trees ou Anita’s Reef. À titre de comparaison, Koh Tao, dans le golfe de Thaïlande, offre généralement une visibilité de 10 à 20 mètres, avec des périodes plus limitées de très bonne visi. Koh Phi Phi oscille entre 10 et 25 mètres selon l’exposition au vent et au trafic maritime, tandis que l’Andaman Sud (Hin Daeng / Hin Muang) peut offrir 25–30 mètres, mais avec des variations plus marquées liées aux courants océaniques.

Sur le plan strictement “carte postale”, les Similan se positionnent donc dans le haut du panier national. Les épisodes de baisse de visibilité sont généralement liés à une forte activité planctonique (souvent corrélée aux passages de mégafaune) ou à des coups de vent temporaires. Si votre priorité absolue est la clarté de l’eau pour l’initiation ou le snorkeling, Koh Tao reste une option plus stable pendant une grande partie de l’année, mais pour une visibilité combinée à une topographie spectaculaire, les Similan rivalisent plutôt avec l’Andaman Sud que avec les îles du golfe.

Densité de la faune marine : indices de biodiversité et observations scientifiques

Les études de biodiversité menées par les universités thaïlandaises indiquent que la richesse spécifique (nombre d’espèces différentes) est plus élevée dans la mer d’Andaman que dans le golfe de Thaïlande. Les îles Similan et Surin figurent parmi les “points chauds” nationaux, avec plus de 500 espèces de poissons recensées, contre environ 300–350 autour de Koh Tao. Koh Phi Phi, bien qu’abritant encore de beaux sites, a souffert davantage du tourisme de masse et de l’urbanisation côtière, avec une dégradation notable de certains récifs proches du rivage.

L’Andaman Sud (Hin Daeng / Hin Muang, Koh Lipe) présente une biodiversité comparable, voire supérieure sur certains groupes, mais avec une accessibilité plus complexe et des conditions parfois plus engagées. D’un point de vue pragmatique, si vous recherchez le meilleur compromis entre densité de faune, confort logistique et régulation environnementale, les îles Similan restent très compétitives. Les rencontres régulières avec la mégafaune (raies manta, requins-baleines, requins léopards) y sont plus fréquentes qu’à Koh Tao et Koh Phi Phi, même si l’Andaman Sud peut offrir des pics d’observation équivalents, voire supérieurs, pour les raies manta.

Difficulté technique des plongées : certifications PADI requises et niveaux d’expérience

Sur le plan technique, les îles Similan offrent un spectre de difficultés plus large que Koh Tao ou Koh Phi Phi. De nombreux sites peu profonds et relativement abrités (Donald Duck Bay, Honeymoon Bay, Anita’s Reef) sont accessibles dès le niveau PADI Open Water Diver avec une vingtaine de plongées d’expérience. En revanche, des sites comme Elephant Head Rock, Koh Tachai Pinnacle, North Point ou Boulder City sont clairement destinés à des plongeurs Advanced Open Water ou équivalents, idéalement avec une spécialité plongée profonde et une certaine habitude des courants.

À Koh Tao, la majorité des sites se prête très bien à la formation initiale (Open Water, Advanced) avec des profondeurs moyennes de 12 à 18 mètres et des courants plus modérés, ce qui explique la vocation “école de plongée” de l’île. Koh Phi Phi, malgré quelques sites plus techniques comme Bida Nok / Bida Nai, reste globalement accessible aux niveaux débutants encadrés. L’Andaman Sud, quant à lui, s’adresse plutôt à des plongeurs intermédiaires à confirmés, en raison de la profondeur des pinacles et de la force des courants.

En résumé, si vous débutez complètement, Koh Tao reste la destination la plus adaptée pour passer vos premiers niveaux à moindre coût. Si vous êtes déjà certifié et que vous souhaitez franchir un cap – en découvrant les plongées dérivantes, les pinacles exposés et la macro avancée – les îles Similan constituent un terrain de progression idéal avant de vous aventurer vers des destinations plus extrêmes comme Raja Ampat ou les atolls éloignés des Maldives. C’est aussi à ce niveau d’expérience (20–50 plongées et plus) que la question “paradis ou mythe surfait ?” prend tout son sens : ce que les Similan offrent, vous ne le trouverez tout simplement pas, à ce prix et avec cette accessibilité, dans beaucoup d’autres régions du monde.